Un petit jouet mécanique – Marie Neuser

Depuis son plus jeune âge, Anna passe ses vacances d’été dans le Cap Corse. Ses parents ont acquis une maison en ruines, loin de tout. Maintenant adolescente, Anna supporte de moins en moins ces vacances familiales ponctuées de longs repas, de balades et d’allers retours à la plage. Elle rêve plutôt d’aller en Angleterre ou aux Etats-Unis pour aller à la rencontre de ses chanteurs rock’n’roll préférés et pour intégrer une école de dessin prestigieuse.
Néanmoins, ces vacances tranquilles vont être rendues mouvementées avec l’arrivée de sa grande sœur Hélène. A l’antipode de l’adolescente, les deux sœurs entretiennent une relation difficile et ne s’apprécient pas du tout. Mais Hélène ne débarque pas seule. Elle est accompagnée de son nourrisson. Très vite, l’adolescente tombe sous le charme de sa nièce. Mais surtout, elle remarque un comportement étrange entre elle et sa mère. Elle a l’impression qu’Hélène fait tout pour qu’il arrive quelque chose à l’enfant. Imagination délirante ou drame morbide ?

 

Après avoir traversé un moment de panne lecture, j’ai eu l’occasion d’avoir ce livre entre les mains. Lauréat du prix littéraire des lycéens et apprentis de PACA, j’avais particulièrement envie de découvrir les raisons de ce succès.
Une écriture simple, sans prétention, mais qui ne m’a pas laissée indifférente pour autant. Mairie Neuser prend le temps de poser l’action, le cadre. On s’imprègne très vite dans cette ambiance du Cap Corse. On imagine rapidement les paysages, l’environnement ce qui rend les choses très agréables. On comprend les réticences de l’adolescente vis-à-vis du lieu, mais on a quand même envie de se laisser tenter par ces vacances tranquilles dans une lieu qui a l’air fantastique. Bref, le cadre est très bien posé et l’auteure a su nous faire apprécier ce lieu.
Marie Neuser écrit également à la seconde personne du pluriel. C’est une façon de raconter les actions qui m’a assez étonnée au départ, mais petit à petit, j’ai apprécié la distance prise par l’auteure pour raconter ces faits.
Néanmoins, l’histoire m’a laissée de marbre. Anna décrite comme une adolescente morose et rebelle, mordue de littérature, de musique et de poésie n’est ni plus ni moins qu’une jeune fille ordinaire se posant des questions habituelles. En brossant un portrait presque stéréotypé de l’adolescente, j’ai trouvé que le charme de l’atmosphère créé perdait tout à coup de son intérêt. Le constat est le même pour sa grande sœur Hélène. Celle-ci est décrite comme une jeune femme superficielle, égocentrique créant finalement un personnage sans grand intérêt. Il m’a donc été difficile de m’intéresser de plus près à ces personnages.
Enfin, la quatrième de couverture est un peu trop bavarde et en dit un peu trop. On comprend très rapidement quelle sera la fin de cette histoire et comment celle-ci risque de se terminer. Il faut dire aussi qu’en assistant à la remise de prix, les lycéens et apprentis avaient mis en scène certaines scènes du livre ce qui m’a peut-être mis la puce à l’oreille…
Un petit jouet mécanique n’a donc pas été un coup de cœur et je dirais même qu’il n’a pas vraiment été à la hauteur de mes espérances, néanmoins, certains points du roman sont particulièrement intéressants et méritent particulièrement un détour.

 

« C’est à Acquargento que vous avez appris ce qu’étaient réellement les ténèbres, quand, le visage libre offert à la brise nocturne, vous avez l’impression qu’on vous a crevé les yeux. Le noir comme un tombeau, vous pourriez presque le toucher comme s’il avait des parois »

L’écailler du Sud, 160 pages, 2012

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