Ces BD qui ont fait battre mon cœur en 2013…

2014 arrive à grands pas. Aussi, il est l’heure de vous faire part de ces livres qui m’ont fait vibrer! Les livres qui m’ont laissée indifférente ne seront cependant pas abordées ici.
Cette année, a été ponctuée par beaucoup, beaucoup de BD : près de 31 lectures en 2013, sans compter celles que j’ai abandonnées en cours de route, ou celles qui n’ont pas été chroniquées…
Le bilan pour les romans est cependant beaucoup plus léger : 21 romans seulement ont fait un bout de chemin dans mon sac… Mais généralement, les lectures ont été bonnes et agréables…
Retour donc sur ces livres qui ont marqué mon année 2013.

 

Mon classement BD :

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1. Abélard, Tome 1 et Tome 2 deRégis Hautière & Renaud Dillies

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2. Un printemps à Tchernobyl d’Emmanuel Lepage

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3. Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ? de Zidrou et Roger

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4. Pablo, Tome 1 : Max Jacob  de Julie Birmant et Clément Oubrerie

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5. Le singe de Hartlepool de Lupano et Moreau

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6. Maus, l’intégrale d’Art Spiegelman

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7. La guerre des Lulus de Régis Hautière & Hardoc

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8.  Blankets, Manteau de neige de Craig Thompson

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9. Habibi de Craig Thompson (chronique à venir)

 

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10.  Lulu, Femme Nue d’Etienne Davodeau

A demain pour le TOP 10 Romans! 

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Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ? – Zidrou & Roger

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Michel, à la suite d’un accident de voiture, garde de vives séquelles qui l’empêchent de mener une vie normale. Sa mère, depuis le décès de son mari, s’occupe alors de lui.
Avec son amour et sa bienveillance, Catherine fait en sorte que la vie son fils soit belle et ce, malgré son handicap.
Quelques scènes de vie prises ci et là… Quelques scènes qui nous permettent de comprendre la vie de Michel, 43 ans, et de Catherine, sa mère septuagénaire.
Les tricheries au Puissance 4, les lavages à répétition de son tee-shirt préféré, les locations de films X, le visionnage du dessin animé préféré de Michel font partie du quotidien de nos deux protagonistes. Et même si la vie ne les a pas épargnés, ils sont ensemble… Et c’est tout ce qui compte !

 

https://i1.wp.com/bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/10/Roger-Zidroumichel2.jpgLe titre m’avait intriguée et puis, après avoir découvert l’avis de Noukette, je me suis empressée d’aller acheter cet album, qui, j’en étais persuadée serait fait pour moi…
Avant de partir réveillonner, je me suis blottie sous un plaid, et je me suis laissée bercée par le quotidien des deux protagonistes. On entre tout doucement dans cet univers délicat ; le lecteur n’est pas précipité. Par ailleurs, le choix pris par Zidrou de ne pas respecter une chronologie n’est que plus appréciable. Des brides de vie, des passages importants ou plus frivoles, présents ou passés, sont racontés au lecteur. Petit-à-petit, ce dernier comprend alors l’histoire de Michel, mais surtout, les conséquences de son accident sur l’ensemble de son entourage et principalement sur celui de sa mère.
Catherine ne vit pas la vie qu’elle devrait mener : elle vit à travers et pour celle de son fils. Elle n’ose pas s’éloigner de lui, s’inquiète en permanence pour lui. Son quotidien est lourd. Michel ne se rend pas compte de tous ses efforts. Alors, elle craque, s’énerve parfois, mais elle finit toujours par se ressaisir : car son grand fils a besoin d’elle. Cette mère courage m’a plusieurs fois donné la chair de poule. Sa force m’a impressionnée, et émue à la fois… Comment garder une telle solidité après de telles épreuves ?
Entre les deux protagonistes, il y a bien sûr une immense histoire d’amour, et une force incroyable qui se dégage. Mais pour Catherine, il y a aussi une question d’obligation, de fléau. Catherine est obligée de subir les humeurs de son fils sans jamais s’énerver. Elle accepte tout, ou presque pour que son fils ne manque de rien.
La question du handicap est ici traitée de manière intéressante. Sans pathos, le lecteur est confronté à la réalité telle qu’elle se présente, sans cacher certains détails. La sexualité, les rapports humains délicats, les acceptations difficiles sont abordées dans cet album, donnant une piste de réflexion à son auditeur.
Zidrou et Roger nous offrent alors une histoire pleine de force, d’amour, d’humour, d’amertume, de tendresse, de complicité. Ces deux personnages m’ont donné chaud au cœur, et m’ont aussi émue à souhait. On avance dans cet album le cœur serré, mais aussi le sourire aux lèvres tant l’histoire est belle.  Côté dessins, je suis restée bluffée par ces planches colorées, détaillées, en adéquation avec l’histoire qui nous est proposée.
Un album magnifique, à mettre entre toutes les mains !

 

topbd_2013Top BD d Yaneck : 19/20

(2/6)

Dargaud, 56 pages, 2013

Pablo, Tome 3 : Matisse – Julie Birmant & Clément Oubrerie

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Fernande et Pablo sont toujours en couple mais ce dernier, jaloux et possessif l’empêche de sortir, de voir du monde. Fernande se réfugie alors dans les livres qu’elle dévore.
Pablo emmène sa fiancée en Espagne afin de présenter Fernande à ses parents. L’entrevue est de courte durée. Picasso, en voyant que ses amis charment sa bien-aimée parisienne, décide alors de partir dans un coin reculé de l’Espagne : Gosol. Là-bas, il trafique avec des contrebandiers. Mais il retrouve également une certaine inspiration : son art prend un tournant nouveau et il recommence à créer des œuvres à foison. Fernande n’est plus représentée de manière objective ; c’est également le début de sa période africaine. Mais le couple est obligé de fuir le petit village ; en effet, une épidémie sévie.
De retour en France, le peintre rencontre son nouveau rival : Henri Matisse…

http://lejardindenatiora.files.wordpress.com/2013/12/idb89jdx43ketw1ornhceltc3wkagipo-page3-1200.jpgIl y a quelques mois, j’avais craqué pour a série Pablo. Les dessins, l’histoire m’avaient transportée. Le troisième tome m’attendait depuis un moment sur mes bibliothèques, mais il est vrai que j’avais un peu délaissé la lecture durant ce premier semestre…
Ce troisième tome m’a un peu moins plu : peut-être que la surprise n’est plus vraiment au rendez-vous… Néanmoins, suivre ce mélange de réalité et de fiction (?) m’a encore passionnée, m’a permis d’en apprendre beaucoup sur la vie du peintre, de comprendre ses périodes artistiques. J’ai aussi aimé redécouvrir cet univers espagnol et parisien du début du XXème siècle, nous permettant de comprendre comment Picasso est devenu Picasso.
Dans ce nouvel opus, Picasso semble être de plus en plus possédé et paranoïaque. A plusieurs reprises, Fernande se demande si Dieu n’est pas en train de jouer avec lui, s’il n’est pas en train de perdre la tête… Elément qui apporte une nouvelle information sur la vie de l’artiste, qui nous permet également de comprendre pourquoi son art semble prendre un nouveau tournant. L’arrivée de Matisse, son rival, contribue également à cette compréhension, à faire évoluer le protagoniste et son art. Le personnage, tout comme Max Jacob ou Apollinaire s’intègre avec brio dans l’histoire.
Au niveau des dessins, j’ai toujours été surprise par leur précision, par le nombre important de détails par ces couleurs réalistes qui en font un véritable chef-d’œuvre, un livre à posséder et à mettre entre toutes les mains !
J’attends le tome 4 avec impatience !

Mon avis sur le tome 1 et sur le tome 2

 

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Top BD de Yaneck : 17/20

Dargaud, 90 pages, 2013

Une part de ciel – Claudie Gallay

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Aux premiers jours de décembre, Carole regagne sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise, où son père, Curtil, lui a donné rendez-vous. Elle retrouve son frère et sa soeur, restés depuis toujours dans le village de leur enfance. Garde forestier, Philippe rêve de baliser un sentier de randonnée suivant le chemin emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby, la plus jeune, vit dans un bungalow où elle attend son homme, en taule pour quelques mois, et élève une fille qui n’est pas la sienne. Dans le Val-des-Seuls, il y a aussi le vieux Sam, pourvoyeur de souvenirs, le beau Jean, la Baronne et ses chiens, le bar à Francky avec sa jolie serveuse…
Dans le gîte qu’elle loue, à côté de la scierie, Carole se consacre à une traduction sur la vie de Christo, l’artiste qui voile les choses pour mieux les révéler. Les jours passent, qui pourraient lui permettre de renouer avec Philippe et Gaby un lien qui n’a rien d’évident : Gaby et Philippe se comprennent, se ressemblent ; Carole est celle qui est partie, celle qui se pose trop de questions. Entre eux, comme une ombre, cet incendie qui a naguère détruit leur maison d’enfance et définitivement abîmé les poumons de Gaby. Décembre s’écoule, le froid s’installe, la neige arrive… Curtil sera-t-il là pour Noël ?
Avec une attention aussi intense que bienveillante, Claudie Gallay déchiffre les non-dits du lien familial et éclaire la part d’absolu que chacun porte en soi. Pénétrant comme une brume, doux comme un soleil d’hiver et imprévisible comme un lac gelé, Une part de ciel est un roman d’atmosphère à la tendresse fraternelle qui bâtit tranquillement, sur des mémoires apaisées, de possibles futurs.

(Source : 4ème de couverture)

Cette année, je n’ai pas du tout suivi la rentrée littéraire. D’ailleurs, vous avez dû remarquer que mon blog est un peu à l’abandon ces derniers temps… L’entrée en Master m’a changée du tout au tout… Bref, j’ai choisi ce livre dans le cadre des Matchs de la Rentrée de Price Minister tout simplement parce que le titre m’a plu, ainsi que la quatrième de couverture.
Ma première impression, c’est qu’il s’agit d’un livre dans lequel il ne se passe pas grand-chose : c’est un livre contemplatif. L’auteure mêle les souvenirs de Carole aux longues journées d’attente dans ce village de montagne. La présentation du texte et l’écriture m’ont parfois fait penser à un journal intime : la date inscrite en haut de chaque page et la manière dont cette journée s’est organisée. Des journées ponctuées par la neige, les visites à son frère, sa sœur, le voisin, la baronne, par des photographies, par des dîners au bar à Francky. Le roman contient certaines répétitions, des gestes répétitifs, pourtant, on s’y sent bien, comme dans un cocon ; j’ai aimé cette atmosphère, cette parenthèse de vie décrite pendant ces 400 et quelques pages. Il faut dire aussi que la lecture de ce roman est tombée parfaitement bien puisqu’elle est réellement de saison : l’auteure nous décrit ces moments familiaux, cette attente de Noël, ces préparations du Nouvel An. Des choses que l’on vit en ce moment, qui sont dans toutes les bouches.
Ajoutons à cela que l’auteure décrit à merveille l’atmosphère dans laquelle les personnages évoluent, tant dans leur environnement émotionnel que naturel. Les paysages de montagnes s’offrent à vous, vous donnent envie d’y aller, de découvrir ce qu’est le Val… Et pourtant, je déteste au plus haut point la neige, le froid et la montagne… Mais là, les mots prennent le dessus et vous donnent envie de vous blottir sous un plaid près de la cheminée pour observer le Val. Les descriptions de Saint-Etienne m’ont également amusées, puisque c’est dans ce département que j’ai vécu toute mon enfance. L’évocation des bars rue des Martyrs m’ont fait sourire et il a été agréable de se sentir autant chez soi dans ce livre. J’ai aussi aimé ces liens un peu bancals qu’entretiennent les personnages ; questionnements, jalousies, énervements, peurs pour l’un et pour l’autre vous donnent malgré tout une belle vision de cette famille. Les habitants du village apportent tous une jolie touche de couleur, un éclairage à cette histoire familiale complexe.
Mais (oui parce qu’il en fallait un !), j’ai été déçue par cette fin… Peut-être aussi parce que tout le livre tourne autour de l’arrivée de Curtil, et que son arrivée se fait attendre par tous. Du coup, il est vrai que j’en attendais beaucoup. Je m’attendais à des retrouvailles émouvantes, touchantes, agaçantes ou apportant des éléments de réponse… Mais rien de tout cela n’est mis en avant dans le roman, ce qui, je pense, est plutôt dommage.
Néanmoins, Une part de ciel plaira aux personnes qui n’ont pas peur de cet immobilisme, qui n’ont pas peur de se plonger tout entier dans une parenthèse de vie.

Un grand merci à Price Minister pour l’envoi de ce roman à qui je donne la note de 14/20 (et désolée pour mon retard !).

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Actes sud, 446 pages, 2013

Lulu femme nue, second livre – Etienne Davodeau

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C’est maintenant au tour Morgane, sa fille, de prendre le relais pour raconter aux amis de ses parents l’incroyable échappée de Lulu.
Après avoir passé plusieurs nuits dans un camping tenu par trois frères, dont un qui aura été un élément important de cette échappée, Lulu décide de reprendre la route. Après quelques heures de stop passées avec un inconnu, elle arrive dans une nouvelle ville. Sans argent, sans repère, elle passe une nouvelle nuit dehors. Mais cette situation n’est plus tenable. Elle décide donc d’attaquer une petite vieille pour lui prendre son argent. Mais celle-ci ne se laisse pas faire, se débat et Lulu prend vite conscience de l’irresponsabilité de son acte. Elle a honte, elle cherche à se faire pardonner. Heureusement, Marthe, 89 ans, n’est pas rancunière et comprenant la situation de Lulu. Elle décide de l’aider, d’abord en lui offrant un repas, puis en lui offrant une nuit dans sa maison. Lulu accepte. Au cours du dîner, Marthe lui pose des questions, cherche à comprendre ce que fait cette femme seule. Lulu se livre à elle. Alors Marthe lui propose l’improbable : si Lulu accepte de lui raconter ce qu’elle fait de ses journées, de lui raconter son échappée alors elle pourra rester le temps qu’elle souhaite chez elle ; le but étant d’égayer ces journées qui se ressemblent toutes. Lulu hésite puis finit par accepter…

https://i0.wp.com/aliasnoukette.fr/wp-content/uploads/2011/05/Lulu-2-3.jpgIl y a une dizaine de jours, je faisais la connaissance de Lulu. Et bien que cette chronique ne tombe que maintenant, je peux vous assurer que le soir même après avoir fini le premier tome je commençais le second ! L’attente était trop intense, l’envie de connaître la fin trop grande !
Le narrateur n’est plus l’un des amis de Lulu, mais sa fille, Morgane, ce qui permet d’apporter une touche intéressante et un regard neuf à l’album. Morgane parle de sa mère, de cette nouvelle vie recherchée, de son aventure. On apprend petit à petit ses sentiments vis-à-vis de cette escapade. Elle semble compréhensive, même si on sent parfois que la situation lui échappe. Mais Morgane explique également son quotidien délicat. Se retrouvant seule avec son père et ses petits frères, elle trouve un nouveau rôle au sein de la famille. C’est sur elle que tout repose tout simplement parce que son père n’est pas capable de prendre les choses en main. Morgane évoque ses difficultés, ses sentiments. On a là la présence d’une seconde héroïne dans cette histoire.
Quant à Lulu, les doutes se font plus présents. Elle se demande si cette escapade n’a pas assez duré, s’il n’est pas temps de rentrer. Elle se montre plus raisonnée, mais l’histoire garde magré tout son originalité. En effet, Lulu continue de vivre cette aventure à fond rencontrant de nouvelles personnes qui joueront un rôle clé dans sa vie. Et notamment Marthe. Marthe et son caractère bien trempé, Marthe et ses répliques surprenantes, Marthe et sa joie de vivre revenant… Cette histoire entre ces deux femmes m’a énormément touchée. Improbable, incroyable, Lulu et Marthe vont se comprendre, s’épauler, s’entraider. C’est beau, touchant !
Les planches m’ont tout autant subjuguées que dans le premier tome. Davodeau continue à nous impressionner grâce à l’utilisation de ces couleurs chaudes agrémentées de touches de bleu, donnant une impression de tranquillité, un côté serein à l’ensemble de l’album.
Malgré tout, si le premier tome m’a plu de bout en bout, j’ai été un peu surprise et déçue par cette fin un peu étrange, et finalement pas très originale… Mais Lulu reste cependant une jolie BD à découvrir !

 

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Top BD de Yaneck : 16/20

Futuropolis, 80 pages, 2010

Lulu femme nue, premier livre – Etienne Davodeau

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Lulu est une quadragénaire mariée et mère de 3 enfants dont l’aînée a 16 ans. Après 16 années à s’être occupé de sa tribu, elle décide de retourner sur le marché de l’emploi. Mais ce n’est pas chose facile !
Après un énième entretien d’embauche qui s’est mal déroulé, Lulu décide de rester un jour de plus dans cette ville proche de chez elle afin de prendre l’air, de réfléchir. Le soir, dans son hôtel, elle rencontre Solange qui dîne elle aussi seule et qui semble être sensible à son malaise. Elle se joint à elle avec une bouteille de vin et l’invite à se confier, à lui raconter pourquoi elle semble si démunie, si perdue. D’abord hésitante, Lulu finit par se prendre au jeu. Elle lui explique : « Ma vie ne me plaît pas. Il ne se passe rien. Je ne sais pas si j’aime encore mon mari. Il a changé. Parfois je ne le supporte plus. Heureusement que j’ai mes enfants. Mais j’ai parfois l’impression d’être juste une extension de la gazinière et du lave-linge. […] Parfois j’essaie d’imaginer ce qui pourrait m’arriver de bien dans les années à venir… Et je ne trouve rien. Et puis ça aussi : je ne m’aime pas beaucoup. ».
Et puis Solange lui propose l’impossible. Elle lui propose de retarder un peu son retour à la maison histoire de prendre l’air, de faire le point, de se retrouver. Après une nuit d’hésitation, Lulu accepte. Arrivée sur la côte atlantique, Lulu et Solange se séparent. Lulu erre toute la journée pleine de solitude mais bizarrement, cette solitude lui fait du bien…
Et finalement, cette escapade qui ne devait pas durer va prendre une toute autre ampleur.

https://i1.wp.com/mysterieuse-librairie.fr/wordpress/wp-content/uploads/2011/07/Lulu_femme_nue_1_p1.jpgAprès avoir découvert  Les Ignorants de Davodeau qui avait été l’un de mes coups de cœur de l’année 2012, il me semblait logique de continuer à suivre cet auteur. On m’a d’ailleurs souvent conseillé de lire tel ou tel album sans pour autant que je franchisse le pas. Jusqu’à ce que je tombe sur ce titre. Lulu femme nue. Qu’est-ce qu’il signifie ? Que signifie cette couverture représentant une femme abandonnée face à la mer ? Si j’ai pris ce titre, c’est d’abord pour répondre à mes propres curiosités, mais aussi parce que Davodeau était devenu pour moi un auteur à lire. Et après la lecture de ce premier tome, les questions sont encore là, bien présentes.
L’histoire de la fuite de Lulu nous est racontée par plusieurs narrateurs externes qui se retrouvent un soir de juin autours de cafés et de bières. Certains ont suivi avec attention l’échappée de cette quadra complètement perdue. Une approche que j’ai énormément apprécié parce que le lecteur devient à son tour l’espion de Lulu, parce que je me suis presque senti avec eux, à partager ce débriefing et puis parce que justement… On ne comprend pas tout ! Les proches de Lulu font des suppositions, essayent de comprendre, nous apportent des hypothèses, mais le lecteur est amené également à imaginer et à comprendre les raisons de sa fuite.
Très vite, on s’accroche à ce personnage paumé, loin de tout, énigmatique. Ce personnage qui apprend petit à petit à ré-adopter sa vie, à lui donner un nouveau sens. Ce personnage qui se cherche, qui tente de se retrouver tant bien que mal. Lulu devient quelqu’un plein d’humanité, plein de contradictions aussi.
Par ailleurs, j’ai apprécié de retrouver le trait de Davodeau proche du réel, retranscrivant à merveille les paysages, les expressions du visage. Les couleurs automnales donnent un ton très doux, très feutré à l’ensemble de l’album.
Davodeau nous offre ici de jolies émotions, si proches de la réalité. Un album très réussi, très bien construit et jamais vu. La suite m’attend déjà sur mes bibliothèques !

 

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Chez Mango

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Top BD de Yaneck : 18/20

Futuropolis, 80 pages, 1998

Inès et la joie – Almudena Grandes

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En 1944, alors que le Débarquement approche, Monzon et ses compagnons, membres du parti communiste, sont convaincus de pouvoir instaurer bientôt un gouvernement républicain à Viella, en Catalogne. Pas très loin de là vit Inès.
Restée seule à Madrid pendant la guerre civile, elle a épousé la cause républicaine, au grand dam de son frère, délégué provincial de la Phalange de Lerida, qui la tient à l’œil.
Inès écoute Radio Pyrénées en cachette et capte un jour l’annonce de l’Opération Reconquête. Pleine de courage, elle décide de rejoindre cette armée. Une vie aventureuse et un grand amour l’y attendent.

 

Vous l’avez peut-être remarqué, ce roman était dans la rubrique « en ce moment, je lis… » (sur la droite) depuis le milieu du mois d’août… Oui, j’aurai mis près d’un mois et demi à venir à bout de ce roman !
Déjà parce qu’il est dense : Almudena Grandes alterne entre fiction et réel. Les chapitres entre parenthèses représentent les moments réels, historiques du roman. Les autres chapitres nous racontent l’histoire d’Inès et des autres… Le tout en à peu près 1100 pages… 1100 pages riches, pointues. Car si le roman traite de la Seconde Guerre Mondiale, d’une manière générale, l’auteur nous propose également une réflexion sur le parti Communiste, sur la Phalange Espagnole, sur l’invasion du Val d’Aran … Des événements importants mais néanmoins méconnus de ma part. Ma lecture s’est donc agrémentée de recherches afin de mieux comprendre, de mieux cibler les propos de l’auteure. Et puis, avouons-le, le roman recèle d’immenses lenteurs, d’immenses descriptions qui n’amènent pas pour autant le lecteur sur des pistes de compréhension.
Bref, je vous rapporte ici un commentaire mitigé… Certains passages m’ont passionnée et notamment les pages de fiction. L’auteur nous raconte comment Inès a réussi à sortir des griffes de son frère pour s’investir dans le parti Communiste Espagnol, comment elle a réussi à se faire accepter des autres malgré son passé assez incertain. On a donc ici l’image de l’héroïne, la vraie ! Inès ne peut susciter, auprès des femmes, qu’admiration. Elle a ce côté combattant, déterminé, sûre d’elle, mais elle a aussi ce côté humain, fleur-bleue qui nous amène à aimer réellement ce personnage au grand cœur ! Ajoutons à cela que son histoire d’amour avec Galàn m’a fait chavirer parce que leur aventure est un combat mais la passion est belle et bien présente et ce, jusqu’à la fin du roman. Almudena Grandes nous offre une image du couple sublimé, proche, à la confiance inébranlable. Et ça fait du bien, c’est beau, c’est grand ! L’auteur nous offre également un regard sur ces espagnols exilés, loin de leur patrie, et sur la manière dont ils s’organisent dans leur pays d’accueil. La réflexion est intéressante et peut, au final, s’adapter à la situation générale des expatriés.
A côté de cet aspect-là, l’auteure nous offre des chapitres plus historiques, marqués sur des faits avérés. Et c’est ces chapitres-là qui m’ont réellement gênée. L’écriture change complètement, se fait beaucoup plus lente, beaucoup moins éparpillée. On perd un peu le côté narratif de l’histoire pour tomber dans un quasi-documentaire historique. Je me ainsi suis réellement ennuyée lors de ces passages, tant et si bien que j’ai décidé de les survoler, puis de ne plus du tout les lire !
Une lecture qui aurait pu être intéressante sous certains aspects, mais qui m’a cependant déçue par d’autres… Néanmoins, Inès et la joie reste un roman intéressant, ambitieux, fort, sentimental, culinaire et politique !

 

« Même si nous n’avions cessé de le tenter chaque seconde de toutes les heures que contiennent trente-six années, nous n’avons jamais pu renverser Franco. En revanche, à partir de ce jour, nous avons réussi à rester vivants, après avoir tué une partie de nous-mêmes. »

 

Le livre de poche, 1056 pages, 2013