Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ? – Zidrou & Roger

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Michel, à la suite d’un accident de voiture, garde de vives séquelles qui l’empêchent de mener une vie normale. Sa mère, depuis le décès de son mari, s’occupe alors de lui.
Avec son amour et sa bienveillance, Catherine fait en sorte que la vie son fils soit belle et ce, malgré son handicap.
Quelques scènes de vie prises ci et là… Quelques scènes qui nous permettent de comprendre la vie de Michel, 43 ans, et de Catherine, sa mère septuagénaire.
Les tricheries au Puissance 4, les lavages à répétition de son tee-shirt préféré, les locations de films X, le visionnage du dessin animé préféré de Michel font partie du quotidien de nos deux protagonistes. Et même si la vie ne les a pas épargnés, ils sont ensemble… Et c’est tout ce qui compte !

 

https://i1.wp.com/bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/10/Roger-Zidroumichel2.jpgLe titre m’avait intriguée et puis, après avoir découvert l’avis de Noukette, je me suis empressée d’aller acheter cet album, qui, j’en étais persuadée serait fait pour moi…
Avant de partir réveillonner, je me suis blottie sous un plaid, et je me suis laissée bercée par le quotidien des deux protagonistes. On entre tout doucement dans cet univers délicat ; le lecteur n’est pas précipité. Par ailleurs, le choix pris par Zidrou de ne pas respecter une chronologie n’est que plus appréciable. Des brides de vie, des passages importants ou plus frivoles, présents ou passés, sont racontés au lecteur. Petit-à-petit, ce dernier comprend alors l’histoire de Michel, mais surtout, les conséquences de son accident sur l’ensemble de son entourage et principalement sur celui de sa mère.
Catherine ne vit pas la vie qu’elle devrait mener : elle vit à travers et pour celle de son fils. Elle n’ose pas s’éloigner de lui, s’inquiète en permanence pour lui. Son quotidien est lourd. Michel ne se rend pas compte de tous ses efforts. Alors, elle craque, s’énerve parfois, mais elle finit toujours par se ressaisir : car son grand fils a besoin d’elle. Cette mère courage m’a plusieurs fois donné la chair de poule. Sa force m’a impressionnée, et émue à la fois… Comment garder une telle solidité après de telles épreuves ?
Entre les deux protagonistes, il y a bien sûr une immense histoire d’amour, et une force incroyable qui se dégage. Mais pour Catherine, il y a aussi une question d’obligation, de fléau. Catherine est obligée de subir les humeurs de son fils sans jamais s’énerver. Elle accepte tout, ou presque pour que son fils ne manque de rien.
La question du handicap est ici traitée de manière intéressante. Sans pathos, le lecteur est confronté à la réalité telle qu’elle se présente, sans cacher certains détails. La sexualité, les rapports humains délicats, les acceptations difficiles sont abordées dans cet album, donnant une piste de réflexion à son auditeur.
Zidrou et Roger nous offrent alors une histoire pleine de force, d’amour, d’humour, d’amertume, de tendresse, de complicité. Ces deux personnages m’ont donné chaud au cœur, et m’ont aussi émue à souhait. On avance dans cet album le cœur serré, mais aussi le sourire aux lèvres tant l’histoire est belle.  Côté dessins, je suis restée bluffée par ces planches colorées, détaillées, en adéquation avec l’histoire qui nous est proposée.
Un album magnifique, à mettre entre toutes les mains !

 

topbd_2013Top BD d Yaneck : 19/20

(2/6)

Dargaud, 56 pages, 2013

Blankets, manteau de neige – Craig Thompson

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Craig est né dans une famille modeste et vit dans le Wisconsin avec son père, sa mère et son petit frère Phil avec qui il partage la chambre et le lit. Il reçoit une éducation stricte, et très religieuse. Ses parents sont catholiques et très pratiquants. La vie de Craig est donc ponctuée par la foi : sorties avec la paroisse, cours de catéchisme et dimanches à la messe.
Très solitaire, plutôt rêveur, et assez renfermé, Craig n’entre pas dans le moule et subi le rejet et les oppressions de ses camarades de classe. Le protagoniste se réfugie alors dans le dessin, sa seule et grande passion. Mais ce hobby n’est pas vu d’un bon œil par ses éducateurs qui lui préfèreraient un avenir religieux.
Un jour, la paroisse organise une semaine classe de neige avec d’autres jeunes pratiquants. Les débuts sont difficiles et Craig éprouve la difficulté à s’intégrer dans cette bande de jeunes. Pourtant, il va faire la rencontre de Raina, son premier amour.

 

En prenant Habibi à la bibliothèque, j’ai également découvert Blankets… Un roman graphique qui n’est pas loin d’être un pavé mais qui m’a pourtant tout de suite attiré ! Pour cette couverture énigmatique : deux jeunes qui semblent hésitants, presque paumés, animés de doutes et craintes… J’ai tout de suite su que ça allait me plaire !
L’histoire m’a bouleversée parce qu’elle est racontée de manière simple. Pas d’artifices, pas de pathos… Rien que des images, des mots, des attentions qui ont chamboulé la vie de l’auteur. Cette histoire d’amour entre deux adolescents m’a plusieurs fois fait frissonner parce qu’elle sonne vraie. L’auteur nous raconte ses premiers émois amoureux, sa première rencontre marquante, son premier grand amour aussi. La difficulté de vivre une relation à distance, de se séparer, la joie de se retrouver… Et une histoire qui semble presque impossible… Souvenirs doux-amers…
J’ai aimé découvrir également la vie de l’auteur puisque tout est raconté sans détours. Découvrir la vie de cette famille modeste et pieuse m’a beaucoup intéressée parce qu’elle me semblait très éloignée de ce que je connais. Craig Thompson nous évoque également ses doutes face à la religion avec franchise. Des doutes qui l’aideront à s’affirmer dans cette famille où l’incertitude n’est pas permise.

https://labibliothequederion.files.wordpress.com/2013/10/178f9-blankets7.jpgBien qu’on ne soit que le spectateur externe de cette bribe de vie, j’ai souvent eu l’impression de pouvoir entrer de l’histoire, de pouvoir visualiser parfaitement ce que l’écrivain cherche à nous faire comprendre, voir. Et c’est peut-être parce que Craig Thompson nous offre de splendides paysages permettant aux lecteurs une immersion totale. Le trait de l’auteur est par ailleurs doux, net, poétique, parfois sensuel, parfois imagé, mais il nous donne une vision nette des sentiments des deux adolescents.
Un roman graphique qui m’a touchée, émue parce qu’il peut être si proche de la réalité… A découvrir, à posséder, à faire lire !

 

Une lecture partagée avec la douce Moka, qui, je suis sûre, aura été elle aussi touchée par cette histoire d’amour, par ce roman initiatique et par la beauté de ces dessins !

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Chez Mango

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Top BD de Yaneck : 19/20

Editions Casterman, 580 pages, 2004

Assez parlé d’amour – Hervé Le Tellier

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Malgré son titre, l’auteur nous parle d’amour et le lecteur est tout de suite averti: « Que celle – ou celui – qui ne veut pas – ou plus- entendre parler d’amour repose ce livre. » car dans ce livre, il est bien question d’amour, de rencontres, d’adultères…
Thomas, Anna, Louise, Yves, Stan et Romain sont des personnages seuls ou en couples, qui vont bientôt tous être liés les uns aux autres.
Lors d’une soirée, Louise va tomber sous le charme de Thomas, le psychanalyste.
Anna, elle va rencontrer Yves, l’écrivain et va tomber amoureuse de cet Homme.
Alors qu’Anna et Louise sont mariées à Stan et Romain, et mère de familles, alors qu’aucun problème notoire ne soit présent dans leur couple, elles vont vivre ou revivre le coup de foudre.
Et le lecteur va se retrouver plonger dans le destin de ces couples qui basculent, qui naissent…

 

Découvert, encore une fois, sur le blog de Moka, ce roman m’a intrigué par son titre, son résumé… Et très vite, par son écriture atypique, par ces histoires belles à en mourir, abordées avec délicatesse, humour et précision.
Ces femmes vont faire la rencontre d’homme qui vont bouleverser leur vie, leur vision de l’amour, leur vision d’elle-même. Elles vont faire la rencontre d’un amour dévastateur, puissant, elles seront prêtes à tout pour celui qu’elle aime.
J’ai particulièrement aimé la manière dont l’auteur dépeint le sentiment amoureux. Tous les thèmes de l’amour sont d’ailleurs abordés : la jalousie du mari, l’effervescence face à la découverte de l’autre, la découverte des défauts qui n’étaient pas visibles au premier abord. Autant de thèmes qui forment un roman complet, précis.
J’ai aimé également l’écriture et le format très atypiques de cette lecture : au milieu de l’histoire de ces six personnage se glissent un roman entier écrit par Yves pour Anna (roman qui m’a fait pleurer plus que jamais), des images, des fragments de discours, des pensées entières… Chaque chapitre est consacré à un ou deux personnages, formant un enchevêtrement bien construit. Le tout forme un ensemble cohérent, très bien écrit, vous entrainant loin, très loin de tout ce que vous aviez pu lire avant.
Les personnages, je me suis bien sûr attachée à eux avec fougue, suivant leurs amours, leurs avancements, leurs mélancolies… Ces deux histoires racontées en parallèle sont d’une beauté certaine, et sans vouer un culte à l’adultère, on comprend très vite ce qui a poussé ces femmes à franchir le pas, à aller à la découverte de l’inconnu.
A partir d’un thème plutôt banal, Hervé Le Tellier réussit à faire de ce livre un culte à l’amour, à éveiller des sentiments profonds, puissants.
Assez parlé d’amour est un coup de cœur, un livre bouleversant à mettre dans toutes les mains pour un beau moment de lecture…

 

 « Les êtres qui vont prendre place dans notre vie sont toujours, à la veille de leur rencontre, des inconnus, et l’écrire est moins une naïveté qu’un émerveillement. »

 

Le livre de poche, 254 pages, 2010

Chico & Rita – Fernando Trueba & Javier Mariscal

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La Havane, 2008. Chico a 80 ans et se souvient de ses heures de gloire…
Dans les années 40, il était un pianiste talentueux, qui rêvait de se faire une place parmi les plus grands. Rita, quant à elle, était une chanteuse incroyable : sa voix et son allure hypnotisaient ses spectateurs. En eux deux, un amour fusionnel, immédiat… Un coup de foudre dévastateur qui balance entre jalousie et addiction. Tous les deux se fuient, se rejoignent pour quelques heures, ou quelques mois…
Mais tous les deux sont aussi tiraillés par une franche envie de réussir, et de percer dans le milieu de la musique.
De Paris, à Cuba, en passant par Hollywood, nous deux graines d’artistes vont se croiser, se perdre, se retrouver sans jamais s’oublier…

 

Lors de la sortie du film d’animation Chico & Rita, sans même savoir de quoi il parlait, j’ai eu envie de le voir, rien que pour cette affiche… Malheureusement, je n’ai pas pu y aller, le  nombre de cinémas d’art et d’essai étant, chez mes parents, assez limité… Ce que je ne savais pas, c’est qu’une Bande Dessinée avait été réalisée juste après le film…
Bref, je n’ai pas du tout été déçue par ce choix de BD…
L’histoire nous est racontée sous fond de musique cubaine, ce qui plonge très rapidement le lecteur dans un univers flamboyant, musical et plein de couleurs. Bien que l’histoire d’amour entre nos deux héros peut s’avérer assez banale, j’ai malgré tout admiré la force de leur amour pourtant fragile. Par ailleurs, les thèmes soulevés par l’auteur sont loin d’être frivoles. Sans entrer dans une grande dénonciation, l’auteur aborde les difficultés à réussir dans ce milieu, l’aveuglement des sentiments, les conflits de nationalité, de politique ou de classe.
Mais Chico & Rita ne se limite pas à cela… C’est également une BD qui fait voyager son lecteur, sur cette île de Cuba ou ailleurs, grâce à de beaux dessins de ville, de paysages. J’ai d’ailleurs particulièrement apprécié les couleurs lumineuses utilisées ainsi que l’importance toute particulière apportée aux détails.

Un deuxième tome semble être en cours… A suivre !

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Top BD de Yaneck
: 14/20

 

Editions Denoël, 210 pages, 2011

Le cirque des rêves – Erin Morgenstern

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Depuis 1986, le cirque des rêves se déplace à travers le monde sans que jamais personne ne sache à l’avance où il va aller, et combien de temps il va rester. Il apparaît simplement un beau matin, au milieu d’un champ ou d’une ville, et disparaît du jour au lendemain, sans aucune annonce et sans laisser de trace. Au sein de ce cirque très particulier, deux artistes, Marco et Célia, s’affrontent sans le savoir dans un duel dont ils ne connaissent pas les règles. Tout ce qu’ils savent, c’est que ce duel ne supportera qu’un seul vainqueur et que l’autre périra…
Mais les deux illusionnistes s’aiment comme il n’a jamais été possible d’aimer… Si bien que ce duel semble ne jamais obtenir de fin.

 

J’ai plus été intriguée par cette couverture enchanteresse, par cette tranche rouge et par ces pages collées, qui craquent comme celles d’un vieux roman que par le résumé même de l’histoire. Et pourtant, il n’y a pas que l’objet même du livre qui peut vous enchanter… Ce roman est tout simplement hybride, comparable à aucun autre, avec néanmoins un univers assez proche de celui de Tim Burton ou Mathias Malzieu.
Et pourtant… On ne peut pas dire que je sois forcément une fan de cirque… Mais ce cirque-là, il est incomparable… Plus qu’un cirque, c’est votre cirque, tel que vous pouviez ou vouliez l’imaginer sans jamais penser qu’il pourrait un jour prendre forme.
Les nombreuses descriptions proposées par Erin Morgenstern m’ont permis de me promener sans peine dans ce cirque imaginaire, rempli de magie, d’odeur, d’absence de couleur (l’univers décrit est majoritairement noir et blanc). Au milieu de l’histoire, se glisse quelques chapitres purement descriptifs – à la seconde personne du singulier – de ce que contiennent les chapiteaux, ce qui permet d’imaginer un cadre global, sans pour autant se contraindre à celui-ci. Souvent, j’ai pu imaginer ce cirque des rêves au-delà des descriptions qui en sont faites en rajoutant des détails délicieusement oubliés.
L’intrigue en elle-même est plutôt originale, mais également très intrigante. Les illusionnistes s’interrogent, interrogent leur maître pour tenter de comprendre l’intérêt de ce duel. Mais l’intrigue ne se porte pas uniquement sur cela. Le cirque en lui-même suscite des questions, tout comme chacun des artistes se représentant au sein de la structure. D’un chapitre à l’autre, le lecteur est confronté aux histoires personnelles de chacun, à la mise en place de ce cirque, à la manière dont nos deux protagonistes ont été formés, entraînés.
J’ai particulièrement été émue par cette histoire d’amour forte, entraînant les protagonistes, mais aussi tous les autres acteurs du cirque dans une situation difficile.
Seul bémol de cette lecture : une chronologie hachée, non linéaire formant parfois un ensemble un peu brouillon. Pour ma part, j’ai souvent perdu mes repères, et j’ai souvent eu du mal à m’y retrouver. Le nombre de personnages étant important, il est également parfois difficile de s’y repérer aisément et de repérer précisément qui est qui et qui joue quel rôle.
Malgré ce point brumeux, je ne peux que vous conseiller d’ouvrir Le cirque des rêves pour savoir ce qu’il contient, pour comprendre à quel point l’univers développé est singulier et indescriptible…

 

« En t’éloignant du Cirque des rêves dans le jour qui se lève, tu te dis que tu étais plus éveillé lorsque tu étais dans l’enceinte du cirque.
Tu ne sais plus de quel côté de la grille est le rêve. »

 

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9/7

 

Editions Flammarion, 496 pages, 2012

D’autres larmes – Jean-Philippe Peyraud

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D’autres larmes est un recueil de six petites histoires de couples. Des couples qui vivent un drame, des couples qui vivent leur première fois, d’autres qui se mentent, se trahissent, se détestent… Des histoires à longueur variable, des personnages au passé différent. A chacune de ces petites histoires, une chute noire, cynique ou tragique…

 

J’ai découvert cet album grâce au blog de notre Moka qui lui avait donné la jolie note de 16/20. Son avis m’a intriguée et je me demandais vraiment comment l’auteur pouvait nous présenter ces courtes scènes qui mènent les protagonistes à leur perte, à une vie nouvelle, à un basculement. Chose faite ! Cet album présente de manière originale des histoires d’amour qui prennent fin ou qui s’annoncent mal.
Au premier abord, j’ai été assez surprise de découvrir des histoires sans lien en rapport avec les autres et par ces chutes loin d’être joyeuses. J’ai également été surprise de pénétrer aussi vite dans la vie d’un personnage. Cependant, passée cette appréhension, je pense que la force de cette BD réside dans le fait que chaque histoire est singulière tant dans sa chute, que dans sa manière d’être racontée… Ces fins sont souvent inattendues, brutales, et pourtant elles sont réalistes et pourraient être vécues par tous.
J’ai apprécié le trait de l’auteur très changeant d’une histoire à l’autre, tout comme cette utilisation de couleurs variées qui donnent l’impression d’ouvrir à chaque nouvelle histoire un album nouveau, écrit et dessiné par quelqu’un d’autre…
D’autres larmes est une BD douce-amère, intelligente, surprenante, belle est douloureuse à la fois. A découvrir !

 

 

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Top BD de Yaneck
: 15/20

 

Treize étrange éditions, 160 pages, 2012

La septième vague – Daniel Glattauer

Il y a presque un an de cela, je découvrais Quand souffle le vent du nord, grâce à la toile. J’avais été conquise, je voulais lire la suite, très vite… Il faut dire j’étais vraiment restée sur ma faim. Cette fin ne me satisfaisait pas, il m’en fallait plus, encore plus. J’avais besoin d’une réelle conclusion. Cependant, j’ai su me faire patiente, car j’ai attendu la sortie en poche du second tome (ce n’est pas joli, dans une bibliothèque, d’avoir un grand format et un petit format !)… Ce livre m’a plu mais sans plus…

 

Léo a fui à Boston afin de se libérer de la relation épistolaire qu’il entretenait avec Emmi. Mais lorsqu’il rentre de son exil, tout semble avoir changé… Tout d’abord, il ne revient pas seul, car au cours de son voyage, il a rencontré Pamela, « Pam », avec qui il envisage de construire une relation sérieuse, voire même d’aménager avec elle. Et puis, l’échange de mails entre Emmi et Léo semble de plus en plus épars. Et surtout, Emmi souhaite mettre fin à cette relation. Pour cela, elle veut rencontrer Léo, au moins une fois. Ce rendez-vous a bel et bien lieu… Mais que va-t-il advenir de leur relation ?

On ne peut pas dire que je n’ai pas aimé ce livre puisque je l’ai dévoré… J’ai encore, une fois, tourné les pages avidement afin de connaitre le fin mot de cette histoire… Mais je ne sais pas… Je me suis un  peu plus ennuyée dans ce second tome. Le charme n’a pas opéré de la même manière… Finalement, je me demande même si je n’aurais pas dû m’arrêter au premier tome, car même si La septième vague n’est pas une déception, on ne peut pas dire que ce récit a connu le même enthousiasme que Lorsque souffle le vent du nord.
En fait, j’ai trouvé certains passages un peu mous, un peu vides… Il faut dire que les premiers mails sont des échanges de phrases de quelques mots, dans lesquels on trouve des banalités dont on se serait bien passées. Malgré ces lenteurs passagères, le livre se lit toujours bien, voire même très bien. Il est facile de se replonger dedans, de se remémorer l’histoire, même avec une pause d’un an, car les deux personnages reviennent sur leur passé commun, cherchent des explications, des indices.
L’échange épistolaire n’a pas eu le même effet sur moi lors de la lecture du second tome. Dans le premier, j’avais apprécié cet effet de rebondissement, cette modernité. J’avais trouvé amusant le fait que les personnages cherchent à tout analyser. Avec La septième vague, j’ai parfois eu cette impression de lire un échange entre deux adolescents qui se cherchent, s’envoient des piques, jouent avec les mots, cherchent à analyser chaque mots, chaque phrases. Et puis, Emmi, Emmi est « si, si, si, » agaçante, fatigante… Fidèle à elle-même, elle reste indécise, insatisfaite, égoïste, limite peste parfois. Mais, heureusement, Léo, lui m’a beaucoup plus touchée, parlée. Il reste timide, écrit de beaux messages à son Emmi, souffre de cette relation, se questionne. Bref, heureusement que Léo est bien, reste bien Léo, sinon j’aurais été profondément déçue par ce second roman.
Et puis, je dois bien le reconnaitre, j’ai enfin eu une fin, nette, définitive, tranchée. Cette fin que j’attendais tant est arrivée. C’est peut-être d’ailleurs ce que j’attendais le plus dans cette « saga Emmi et Léo ». Je n’ai pas eu besoin de faire marcher mon imagination pour comprendre ce qu’il adviendra de Léo et Emmi, tout est dit, enfin. Pour cela, on ne peut pas dire que j’ai été déçue, au contraire. Même s’il n’y a pas vraiment de surprise, j’ai eu ce que j’attendais.

 

En bref
Un bilan très mitigé en ce qui concerne la Septième Vague. J’ai aimé le roman, ça oui, mais il m’a beaucoup moins charmée que Quand souffle le vent du nord. Ce second tome connait certaines lenteurs, certains passages m’ont agacée… Je ne sais pas si je peux vous dire de le lire ou pas… C’est à vous de voir si vous avez envie de connaitre la suite de cette saga…

 

« Je pense à cette Emmi qui, du bout de doigts si délicats qu’ils semblent lui échapper, enlève toutes les trente secondes de ses yeux des mèches imaginaires pour les remettre derrière son oreille, comme si elle cherchait à délivrer son regard d’un voile, pour pouvoir enfin observer les choses avec autant d’acuité qu’elle sait les décrire depuis longtemps. Et je me demande sans cesse si cette femme est heureuse. »

 

Les avis de LaetiPerdre une plumeJunelasardineEnigmaDoucettement, …

Le Livre de poche, 280 pages, 2012