Pelote dans la fumée, Tome 1 : Eté-Automne – Miroslav Sekulic-Struja

« C’est un monde entre Ettore Scola et Liberator, Fellini et le douanier Rousseau ou encore Agotha Kristov que peint Miroslav Sekulic dans ses Deux saisons croates (suivront deux autres saisons). Il écrit une fable de l’enfance féroce. Un orphelinat imaginaire hors-d’âge abrite des enfants en guerre contre les clans voisins, des enfants qui ont tatoué sur le corps tout le passé de l’ex-Yougoslavie. « Bourdon et Pelote – deux pensionnaires de cet orphelinat – se souviennent sans plaisir de ce passé récent. » Enfants des rues, prostituées, ils puisent leur énergie dans une mer bleue pétrole, dans les couchers de soleil des tableaux naïfs de l’Europe de l’est. » (Source)

Une petite pépite découverte grâce à mon stage à l’Agence Régionale du Livre de Paca… Il est certain que sans cette expérience, je serais passée à côté de nombre de lectures et de cette bande-dessinée qui semble peu médiatisée et pourtant…
J’y ai découvert un graphisme à vous couper le souffle, ou chaque planche, chaque vignette est une œuvre d’art elle seule. Des dessins inattendus, jamais vus jusqu’alors. Une surprise à chaque page. Un bonheur pour les yeux. Des paysages splendides de la Croatie qui donnent parfois très envie d’aller y faire un petit tout. En résumé, c’est une véritable merveille à découvrir et vite !
Et même si l’histoire est réellement intéressante, le graphisme a pris le dessus tant et si bien que je l’ai malheureusement un peu laissée de côté. Une seconde lecture serait ainsi nécessaire pour faire passer cet effet de surprise et admiration.
Malgré tout, ces enfants livrés à eux même deviennent au fil des pages de plus en plus attachants et intéressants. Très vite, le lecteur est pris d’amitié pour ces jeunes qui ne vivent de rien ou de pas grand-chose.

J’ai finalement assez de mots pour vous décrire ce véritable choc graphique… Ouvrez et vous comprendrez !

 

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Top BD de Yaneck : 18/20

Actes Sud BD, 128 pages, 2013

 

Kiki de Montparnasse – Catel & Bocquet

Alice Prin n’est autre que la célèbre Kiki de Montparnasse. L’œuvre de Catel, José-Louis Bocquet nous entraîne dans son univers. De son enfance en province à sa vie d’artiste dans la capitale française la célèbre muse de Man Ray se dévoile et nous montre son tempérament bien trempé.

Alors qu’elle n’est qu’une toute petite fille, Kiki est confiée à sa grand-mère en province où elle est élevée avec ses cousins et cousines. À l’âge de douze ans, sa mère prend la décision de faire son éducation. Elle la récupère et l’amène à Paris. Mais la jeune fille, élevée à la campagne éprouve quelques difficultés  s’adapter aux bonnes mœurs parisiennes. Quelques années plus tard, Kiki se retrouve à nouveau seule : sa mère souhaite vivre pleinement sa nouvelle histoire avec son amant. Sa fille est alors placée comme bonne à tout faire dans une boulangerie. Mais son salaire bien maigre ne plus permet pas de vivre la grande vie à laquelle aspire Kiki. C’est alors qu’elle est remarquée par un peintre de renommée qui lui proposera de poser pour elle. Par la suite, elle deviendra la muse de plusieurs peintres d’envergure. Elle deviendra également LA Kiki de Montparnasse. L’album nous propose également une prospective de son amour fulgurant avec Man Ray avec qui elle vivra un amour houleux et passionné.

Kiki m’était plutôt méconnue jusque-là. Je la connaissais dans la splendide photographie « Le violon d’Ingres », mais je ne connaissais rien de sa vie, ni celle de Man Ray.
Cet album est donc une très bonne entrée en matière, je pense pour connaître et appréhender un peu mieux le personnage. Ses amours, son caractère de femme libre, ses envies et besoins de grand large nous donnent une vision globale de cette femme charismatique. En plus de son histoire imagée, les auteurs nous proposent également une frise chronologique du modèle à la fin de l’album permettant d’avoir en tête l’ensemble des informations la concernant.
Ils nous plongent également dans un Paris de l’entre-deux-guerres où les grands artistes se côtoient dans ce quartier mythique. L’ambiance semble bien retranscrite et colle assez bien à l’image que nous pouvons en avoir.
Au fil des pages, c’est plusieurs artistes de renom que nous rencontrons : de Foujita à Kisling en passant par Picasso ou Mendjisky et j’en passe. Ceci nous offre alors une très belle vision d’ensemble des artistes qui composaient cette époque.
Une belle œuvre et une protagoniste qui ne laisse pas indifférents. Ajoutons à cela des planches magnifiques qui donnent une belle vision d’ensemble… A lire pour une petit séance de culture générale !

 

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Casterman, 384 pages, 2007

Lulu femme nue, premier livre – Etienne Davodeau

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Lulu est une quadragénaire mariée et mère de 3 enfants dont l’aînée a 16 ans. Après 16 années à s’être occupé de sa tribu, elle décide de retourner sur le marché de l’emploi. Mais ce n’est pas chose facile !
Après un énième entretien d’embauche qui s’est mal déroulé, Lulu décide de rester un jour de plus dans cette ville proche de chez elle afin de prendre l’air, de réfléchir. Le soir, dans son hôtel, elle rencontre Solange qui dîne elle aussi seule et qui semble être sensible à son malaise. Elle se joint à elle avec une bouteille de vin et l’invite à se confier, à lui raconter pourquoi elle semble si démunie, si perdue. D’abord hésitante, Lulu finit par se prendre au jeu. Elle lui explique : « Ma vie ne me plaît pas. Il ne se passe rien. Je ne sais pas si j’aime encore mon mari. Il a changé. Parfois je ne le supporte plus. Heureusement que j’ai mes enfants. Mais j’ai parfois l’impression d’être juste une extension de la gazinière et du lave-linge. […] Parfois j’essaie d’imaginer ce qui pourrait m’arriver de bien dans les années à venir… Et je ne trouve rien. Et puis ça aussi : je ne m’aime pas beaucoup. ».
Et puis Solange lui propose l’impossible. Elle lui propose de retarder un peu son retour à la maison histoire de prendre l’air, de faire le point, de se retrouver. Après une nuit d’hésitation, Lulu accepte. Arrivée sur la côte atlantique, Lulu et Solange se séparent. Lulu erre toute la journée pleine de solitude mais bizarrement, cette solitude lui fait du bien…
Et finalement, cette escapade qui ne devait pas durer va prendre une toute autre ampleur.

https://i1.wp.com/mysterieuse-librairie.fr/wordpress/wp-content/uploads/2011/07/Lulu_femme_nue_1_p1.jpgAprès avoir découvert  Les Ignorants de Davodeau qui avait été l’un de mes coups de cœur de l’année 2012, il me semblait logique de continuer à suivre cet auteur. On m’a d’ailleurs souvent conseillé de lire tel ou tel album sans pour autant que je franchisse le pas. Jusqu’à ce que je tombe sur ce titre. Lulu femme nue. Qu’est-ce qu’il signifie ? Que signifie cette couverture représentant une femme abandonnée face à la mer ? Si j’ai pris ce titre, c’est d’abord pour répondre à mes propres curiosités, mais aussi parce que Davodeau était devenu pour moi un auteur à lire. Et après la lecture de ce premier tome, les questions sont encore là, bien présentes.
L’histoire de la fuite de Lulu nous est racontée par plusieurs narrateurs externes qui se retrouvent un soir de juin autours de cafés et de bières. Certains ont suivi avec attention l’échappée de cette quadra complètement perdue. Une approche que j’ai énormément apprécié parce que le lecteur devient à son tour l’espion de Lulu, parce que je me suis presque senti avec eux, à partager ce débriefing et puis parce que justement… On ne comprend pas tout ! Les proches de Lulu font des suppositions, essayent de comprendre, nous apportent des hypothèses, mais le lecteur est amené également à imaginer et à comprendre les raisons de sa fuite.
Très vite, on s’accroche à ce personnage paumé, loin de tout, énigmatique. Ce personnage qui apprend petit à petit à ré-adopter sa vie, à lui donner un nouveau sens. Ce personnage qui se cherche, qui tente de se retrouver tant bien que mal. Lulu devient quelqu’un plein d’humanité, plein de contradictions aussi.
Par ailleurs, j’ai apprécié de retrouver le trait de Davodeau proche du réel, retranscrivant à merveille les paysages, les expressions du visage. Les couleurs automnales donnent un ton très doux, très feutré à l’ensemble de l’album.
Davodeau nous offre ici de jolies émotions, si proches de la réalité. Un album très réussi, très bien construit et jamais vu. La suite m’attend déjà sur mes bibliothèques !

 

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Top BD de Yaneck : 18/20

Futuropolis, 80 pages, 1998

Blankets, manteau de neige – Craig Thompson

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Craig est né dans une famille modeste et vit dans le Wisconsin avec son père, sa mère et son petit frère Phil avec qui il partage la chambre et le lit. Il reçoit une éducation stricte, et très religieuse. Ses parents sont catholiques et très pratiquants. La vie de Craig est donc ponctuée par la foi : sorties avec la paroisse, cours de catéchisme et dimanches à la messe.
Très solitaire, plutôt rêveur, et assez renfermé, Craig n’entre pas dans le moule et subi le rejet et les oppressions de ses camarades de classe. Le protagoniste se réfugie alors dans le dessin, sa seule et grande passion. Mais ce hobby n’est pas vu d’un bon œil par ses éducateurs qui lui préfèreraient un avenir religieux.
Un jour, la paroisse organise une semaine classe de neige avec d’autres jeunes pratiquants. Les débuts sont difficiles et Craig éprouve la difficulté à s’intégrer dans cette bande de jeunes. Pourtant, il va faire la rencontre de Raina, son premier amour.

 

En prenant Habibi à la bibliothèque, j’ai également découvert Blankets… Un roman graphique qui n’est pas loin d’être un pavé mais qui m’a pourtant tout de suite attiré ! Pour cette couverture énigmatique : deux jeunes qui semblent hésitants, presque paumés, animés de doutes et craintes… J’ai tout de suite su que ça allait me plaire !
L’histoire m’a bouleversée parce qu’elle est racontée de manière simple. Pas d’artifices, pas de pathos… Rien que des images, des mots, des attentions qui ont chamboulé la vie de l’auteur. Cette histoire d’amour entre deux adolescents m’a plusieurs fois fait frissonner parce qu’elle sonne vraie. L’auteur nous raconte ses premiers émois amoureux, sa première rencontre marquante, son premier grand amour aussi. La difficulté de vivre une relation à distance, de se séparer, la joie de se retrouver… Et une histoire qui semble presque impossible… Souvenirs doux-amers…
J’ai aimé découvrir également la vie de l’auteur puisque tout est raconté sans détours. Découvrir la vie de cette famille modeste et pieuse m’a beaucoup intéressée parce qu’elle me semblait très éloignée de ce que je connais. Craig Thompson nous évoque également ses doutes face à la religion avec franchise. Des doutes qui l’aideront à s’affirmer dans cette famille où l’incertitude n’est pas permise.

https://labibliothequederion.files.wordpress.com/2013/10/178f9-blankets7.jpgBien qu’on ne soit que le spectateur externe de cette bribe de vie, j’ai souvent eu l’impression de pouvoir entrer de l’histoire, de pouvoir visualiser parfaitement ce que l’écrivain cherche à nous faire comprendre, voir. Et c’est peut-être parce que Craig Thompson nous offre de splendides paysages permettant aux lecteurs une immersion totale. Le trait de l’auteur est par ailleurs doux, net, poétique, parfois sensuel, parfois imagé, mais il nous donne une vision nette des sentiments des deux adolescents.
Un roman graphique qui m’a touchée, émue parce qu’il peut être si proche de la réalité… A découvrir, à posséder, à faire lire !

 

Une lecture partagée avec la douce Moka, qui, je suis sûre, aura été elle aussi touchée par cette histoire d’amour, par ce roman initiatique et par la beauté de ces dessins !

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Top BD de Yaneck : 19/20

Editions Casterman, 580 pages, 2004

Pablo, Tome 2 : Apollinaire – Julie Birmant & Clément Oubrerie

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Le second album commence avec un Pablo délaissé par Fernande. En effet, de nature jalouse et possessive, Pablo interdit à sa fiancée d’être le modèle d’un autre artiste. Or, les temps sont durs pour Pablo. Sa peinture ne marche pas fort et il est contraint de vivre dans la misère la plus totale. Aidé de ses deux amis, Apollinaire et Max Jacob, Pablo va tenter de reconquérir le cœur de sa belle en utilisant filtres et potions magiques. Le stratagème fonctionne à merveille puisque Fernande retombe quelques temps après dans les bras de Pablo qui est fou d’elle.
Cette chance n’arrivera pas seule, puisque les Stein, de riches mécènes américains, sont très intéressés par la peinture du jeune peintre et décident de lui acheter quelques toiles à très bon prix. Par ailleurs, Pablo est fasciné par le charisme de Gertrude Stein et décide d’en faire son portrait.
Mais les deux tourtereaux ont des envies d’ailleurs et décident de faire un petit séjour en Espagne…

 

Après mon coup de cœur de la semaine dernière, je n’ai pas su attendre plus pour découvrir le second tome de cette série.
Un second tome que j’ai trouvé un peu plus brouillon et où je me suis quelques fois perdue. On passe d’une planche à l’autre sans comprendre le lien, et surtout, les flash-back sont récurrents. Malgré tout, ces moments d’égarement ne sont souvent qu’anecdotiques et n’entrave en rien la compréhension globale de l’histoire.
L’histoire, quant à elle, m’a tout autant charmée que dans le premier tome. On découvre ces personnages énigmatiques, qui ont su charmer nos yeux, nos sens et qui restent toujours aujourd’hui des personnages de force. Avec ce second tome, la personnalité de Picasso émerge. Il est vrai que dans le premier tome, il était difficile de cerner réellement le personnage. Je l’avais trouvé un peu effacé, pas vraiment expressif. Là, on découvre sa jalousie, sa possessivité, mais aussi sa détermination. Le personnage de Fernande s’affirme également. Alors que dans le premier tome elle subissait la volonté des hommes, elle semble ici gagner en confiance. Elle quitte Pablo parce qu’elle ne supporte plus la misère ambiante. Elle rencontre quelques Hommes par-ci par-là… Mais elle revient aussi parce qu’elle Pablo lui manque. Et pour moi, c’est un peu de cette façon que je me représente une muse.
Quant aux dessins… C’est la seconde force de cette série. Ça tient la route, ça frise la perfection ! C’est un peu flou, un peu fou aussi comme cette vie bohème, comme ces moments de divagations entraînés par l’opium. C’est riche en couleurs, c’est délicat, plein de détails qui permettent aux lecteurs de bien se rendre compte de l’ambiance parisienne du début du XXe siècle.

Une série qui n’a pas fini de m’enchanter… J’en veux encore !

 

http://lagriotteanice.files.wordpress.com/2012/08/pablo-2-decc81tail-3.jpghttp://lagriotteanice.files.wordpress.com/2012/08/pablo-2-decc81tail-gare-saint-lazare.png?w=1024&h=657

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Top BD de Yaneck : 18/20

Dargaud, 90 pages, 2012

 

Pablo, Tome 1 : Max Jacob – Julie Birmant & Clément Oubrerie

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1900, à Paris lors de l’exposition universelle. Pablo, 19 ans, débarque avec son ami Casagemas dans la capitale française avec l’espoir de vendre quelques toiles. La peinture de Pablo intéresse, intrigue la bourgeoisie. Dès 1901, l’artiste est exposé dans une célèbre galerie et ce dernier réussi à vivre de son art.
Mais il en profite aussi pour vivre la vie parisienne bohème fréquentant les bordels, rencontrant d’autres artistes. Parmi eux, Max Jacob, poète tombé sous le charme de la peinture de Pablo et peut-être aussi sous le charme du peintre… C’est grâce à lui que Pablo se détachera des normes pour créer sa propre peinture quitte à vivre sans le sou.
Dans cette effervescence, Pablo rencontre également Fernande, son premier amour, sa première muse…

 

Être bénévole pour une fête du livre. Rencontrer LE libraire qui vous pousse à acheter ce titre « aux dessins spectaculaires ». Ne pas résister. Et attendre le bon moment.

Voilà les quelques mots qui résument ma rencontre avec cet album. Ajoutons à cela que j’ai vu un chouette documentaire sur l’artiste qui m’a vraiment poussé à aller ouvrir ce titre au plus vite. Bref, vous l’aurez compris, je suis tombée sous le charme de cette BD… Tant et si bien que vous saurez déjà quelle sera ma lecture de mercredi prochain !
J’ai particulièrement aimé cet album autobiographique qui raconte sans détours les débuts laborieux du peintre. Enchaînant les chambres miteuses, les hébergements provisoires, les allés-retours jusqu’à Barcelone, le peintre a affronté ces épreuves sans baisser les bras, croyant sans cesse à sa réussite, à sa bonne étoile. Et puis, en s’immergeant dans la vie du peintre, on a l’impression de mieux comprendre son époque, les modes de vie qui semblent parfois si loin de ceux d’aujourd’hui… Les arts sont tous représentés, montrant l’influence des uns sur les autres. On voit par ailleurs que Pablo Picasso est profondément touché et inspiré par la poésie de son ami Max Jacob, mais aussi par celle des autres dont il boit chaque parole malgré un français approximatif. Je l’avoue… J’ai envié la vie de Picasso, sa manière de vivre à fond les choses, et puis cette insouciance, cette espoir ont rendu cette BD autobiographique passionnante !
Quant aux dessins… Mon libraire ne m’avait pas menti ! Quelle merveille ! Les planches retranscrivent si bien l’atmosphère parisienne de ce début de siècle qu’on a l’impression d’y être l’espace d’une heure. C’est agréable, c’est passionnant. Vite, la suite !

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Top BD de Yaneck : 18/20

 

Dargaud, 90 pages, 2012

 

La guerre des Lulus, tome 1 – Hautière & Hardoc

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Les Lulus, ce sont quatre orphelins Lucas, Ludwig, Lucien et Luigi. Tous les quatre vivent à l’orphelinat de l’abbaye de Valencourt et bien que l’entente ne soit pas toujours au beau fixe, ce sont quatre enfants soudés qui partagent leurs peurs, leurs doutes, leurs peines et leur chambre.
Durant l’été 1914, la rumeur court : les allemands ne devraient pas tarder à envahir Velencourt. Le village entier est alors évacué… Sauf que les Lulus ne répondent pas présent à l’appel et ils se retrouvent donc livrés à eux même. Au début, c’est l’insouciance qui les saisit… Ils sont enfin seuls, libres et sans adultes. Mais en voyant le village désert et sans aucune présence à l’horizon depuis plusieurs jours, les Lulus se rendent à l’évidence : ils ont été abandonnés.
Ils trouvent alors refuge dans leur cabane au fond des bois… Mais aux prémices de l’hiver, les difficultés commencent à apparaître.

 

Devenue incontournable ces derniers temps sur la blogosphère, cette BD me faisait terriblement envie. Et une fois plongée dans cette lecture, je peux vous assurer que le charme n’a pas tardé à opérer !
Dès les premières pages, j’ai aimé et j’ai été touchée par ces enfants pour leur fraîcheur, leur bêtises, leurs répliques… L’auteur prend le parti de créer quatre personnages avec quatre personnalités très opposées : de l’intello en passant par le gourmand, le petit dernier (très protégé) ou le casse-cou, chacun amène son charme, sa petite touche de fraîcheur, de sympathie à l’histoire. Le scénario, quand à lui m’a beaucoup plu. Très original et très bien construit, j’ai aimé me plonger dans cet univers, dans cette période. Et j’ai retrouvé dans ces quelques pages des rêves d’enfants : qui n’a pas rêvé de vivre sa vie dans son chez-soi loin des adultes? Il est vrai, le rire est au rendez-vous, mais il laisse très vite place à l’angoisse. Si les premières pages nous montrent la vie plutôt heureuse et paisible que mènent ces quatre garçons, la guerre viendra très vite troubler cette quiétude… On se demande alors comment des enfants peuvent-ils survivre dans une cabane mal isolée, tombant presque en ruine ?
Côté dessin, j’ai énormément aimé le trait d’Hardoc… Les planches sont réalistes à souhait, pleine de couleurs et vous entraînent à merveille dans un univers très lointain. Le trait fluide vous donne envie de tourner les pages, vite, très vite.
Une jolie lecture qui présage une suite certainement terrible, mais qui sera incontestablement à découvrir !

 

Les avis de Moka, Noukette, Lasardine, Jérôme et Marion.

 

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Top BD de Yaneck : 17/20

 

Casterman, 56 pages, 2013