La parenthèse – Elodie Durant

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J’ai croisé cette BD sur de nombreux blogs et très souvent les avis étaient uninaimes et très élogieux. Avec ma participation à la BD du mercredi, c’était une bonne occasion de la parcourir. Une jolie découverte encore une fois.

 

A 20 ans, Judith, une étudiante fait des malaises de manière récurrente, perd l’équilibre et ne s’en souvient pas. A chaque fois, ce sont ses proches qui lui les rappellent. Elle consulte alors un neurologue. Le verdict tombe: Judith souffre de troubles épileptiques. Elle suit alors un traitement très lourd pour combattre sa maladie. Mais celle-ci progresse et petit à petit toutes ses facultés disparaissent: elle ne connait plus l’alphabet, elle ne sait plus compter, elle ne se souvient plus de l’année, du nom du président de la République, … On découvre alors une petite tumeur au cerveau qui est inopérable et qui serait probablement la cause de son épilespie. Après une prise en charge médicale et des traitements, l’état de Judith se stabilise et elle décide alors de revenir sur cette période de sa vie.

 

Au premier abord, cette BD m’a réellement perturbée par son dessin. J’avoue, ce n’est pas vraiment le type de traits qui me plait. J’aime quand il y a de la couleur, quand les dessins sont réalistes… Ici, tous sont en noirs et blanc, ils sont plutôt simples et peu concrets. On en retrouve quelques uns réalisés durant sa maladie qui réprésentent des silhouettes indéfinissables, groubouillées de noir. Je les ai trouvés parfois troublants, dérangeants, déstabilisants, mais en même temps ils montrer parfaitement l’espirt torturé de cette jeune femme… On retrouve également des dessins métaphoriques qui nous montrent à quel point Judith semble vivre en dehors de sa maladie, qui m’ont eux aussi parfois dérangée.
Mais pourtant, je me suis laissée transporter par cette histoire qui m’a totalement bouleversée. Elodie Durant nous livre ici un témoignage intimiste dans lequel le lecteur s’y plonge de manière très simple. Je n’ai pas éprouvé de voyeurisme contrairement à certains récits autobiographiques. Au contraire.
En fait, ce combat contre la maladie et l’oubli m’a profondément émue… Et pourtant, il ne s’agit pas d’une BD larmoyante. Le thème qu’elle abord est très dur, c’est une certitude, mais ce récit amène cependant une très grande lueur d’espoir et d’optimisme. L’auteure a réussi avec brio à nous montrer les moments de peur et d’incertitudes qu’elle a traversé. Et finalement, j’ai trouvé que les dessins collaient parfaitement à l’histoire. Ils sont froids, glacials même, pour certains tout comme la maladie de Judith.
Je pense que cette BD est bien plus qu’un témoignage. C’est un acte nécessaire pour Elodie Durant qui lui a permis de nous confier ses peurs et ses doutes, d’accepter sa maladie, de comprendre comment elle a vécu durant ces quatre années. Une vraie claque!

En bref
Cette BD est encore une jolie découverte qui m’a profondément émue. Il s’agit d’un très beau témoignage contre la maladie et l’oubli. A découvrir.

 

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 BD-du-mercredi

Chez Mango

 

Delcourt, 221 pages, 2010 

La mécanique du cœur – Mathias Malzieu

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Il ne m’en restait que deux à découvrir de Mathias Malzieu… Je me lance donc dans la Mécanique du cœur, qui traînait depuis quelques temps sur ma Pile à Lire, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs… On me l’a souvent conseillé, ou déconseillé, en librairie… Il était temps que je me fasse mon propre avis! Encore une fois, Mathias Malzieu nous transporte dans un joli univers, un peu surréaliste… Mais ça reste une bonne lecture lecture!

 

Jack est né à Édimbourg, en 1874, le jour le plus froid du monde, dans la maison de Madeleine. Cette dernière est une sage femme qui « met au monde les enfants des prostituées, des femmes délaissées, trop jeunes ou trop infidèles pour donner la vie dans le circuit classique ».  Cette femme mettra au monde des centaines d’enfants délaissés, qu’elle tentera de faire adopter. Mais la naissance de Jack s’avère être un peu différente, car le petit garçon naît avec le cœur gelé, et celui-ci se brise immédiatement. Madeleine le remplace alors par une horloge, ce qui sauvera Jack.

Mais vivre avec n’est pas une chose facile! Jack ne trouvera jamais de parents adoptifs car le bruit de son horloge-cœur effraie. Il doit également remonter chaque jour le mécanisme de son horloge… Il doit éviter toutes colères. Mais surtout, il ne doit jamais, au grand jamais tomber amoureux, car l’amour briserait à tout jamais la mécanique de son cœur…

Mais Jack désire découvrir le monde… Et malgré les recommandations de sa « mère adoptive », il a le coup de foudre en voyant la jeune Miss Acacia, une chanteuse andalouse… Cette dernière voyage pour vivre de la musique et Jack la suivra et l’aimera où qu’elle soit…

 

J’ai eu un peu de mal à rentrer de l’histoire, je l’avoue… C’est d’ailleurs la raison qui explique le nombre de jours passés à lire ce tout petit roman. Mais une fois dedans, on ne peut en sortir… Et en sortir sans se poser de questions. Peut-on vivre sans son amour? Doit-on vivre dans la vérité ou dans le rêve? A quelle point devons nous protéger les uns des autres?

Une fois encore, on se laisse transporter avec aisance dans l’univers, à la fois doux et sombre, de Mathias Malzieu, avec ce très beau conte pour adultes. Ce conte si touchant et poétique de nouveau, où l’amour est à l’honneur. On passe par tous les stades des sentiments… La joie, le rire, la tristesse, la jalousie… La colère et la déception aussi.

L’auteur va droit au but, et ne passe pas par des tours et des détours… On suit tout au long la quête de Jack, qui est de retrouver Miss Acacia, et de passer la fin de sa vie avec elle…

C’est ainsi une très belle histoire d’amour avec deux personnages très différents l’un de l’autres… Miss Acacia a la tête sur les épaules, et voudrait que Jack cesse de rêver…

Miss Acacia n’est pas un personnage que j’ai vraiment apprécié d’ailleurs, car elle manque parfois un peu d’espoir, de joie…

Tout au long de cette histoire, on rencontre des personnages tout aussi farfelus les uns que les autres… Mais ces personnages n’ont pour seul objectif de rendre le petit Jack heureux. On rencontrera alors au fil de cette quête Méliès, qui lui sera une aide précieuse, puisqu’il sera un parent, un réconfort, un espoir. Et puis bien sûr, Madeleine, qui est un personnage réellement touchant. Elle a ce rôle de « mère-poule » et veut garder Jack loin de tous les problèmes d’amour, de cœur… Et puis aussi de cette vie, qui peut parfois être tellement compliquée!

 

En bref
Malgré tout, je suis l’avis de certains libraires… Ce petit roman n’est pas le meilleur de l’auteur… L’usage de certains mots m’a parfois déplu, d’autant plus que cette histoire se déroule au XIXe s. Sa petit merveille reste pour moi Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi… Peut-être parce qu’il m’a beaucoup plus parlé…

J’ai quand même hâte de découvrir le film d’animation!

 

« Je t’aime de travers parce que je suis un détraqué du cœur de naissance. Les médecins m’ont formellement interdit de tomber amoureux, mon horloge-cœur étant trop fragile pour y résister. J’ai pourtant mis ma vie entre tes mains parce qu’au-delà du rêve, tu m’as donné une dose d’amour tellement forte que je me suis senti capable de tout affronter pour toi. »

 

J’ai lu, 156 pages, 2009

Ne t’inquiète pas pour moi – Alice Kuipers

9782013228954FS

Après un désastreux essai avec Mange, Prie, Aime d’Elizabeth Gilbert, je me suis lancée dans la lecture deNe t’inquiète pas pour moi que j’ai découvert ce livre grâce au blog les livres de latite et j’avoue que c’est une grande réussite… J’étais assez curieuse de lire cet échange quelque peu particulier entre une mère et sa fille…

Claire et sa mère se voient peu et échangent par post-it collés sur le frigo. Au tout début du livre, ces notes ne sont que des recommandations, des listes de courses, des rappels, des informations, ou des demandes. Puis un jour, la mère de Claire tombe gravement malade, et il s’en suit des longs échanges sur la maladie, les espérances, la vie … Claire, elle la réconforte, la questionne, lui pose la simple question « ça va maman? » et finit par lui parler de sa vie au lycée, de ses amours, …Sa mère elle, lui parle de son travail (elle est médecin), de ses angoisses, son espoir de guérir…

J’avoue qu’au départ chercher un livre dans le rayon roman adolescent m’a un peu rebutée… Pourtant je ne regrette pas mon achat. Je dirais même que je suis ravie d’avoir surmonté cette limite…

J’ai terminé ce livre en pleurs hier soir… On ne peut pas dire qu’il s’agit d’une écriture qui puisse nous laisser sous le charme mais par contre, l’histoire est tout simplement belle et vraie. L’écriture est très simple mais elle est assez réaliste… Après tout quand on écrit un petit mot sur un post-it on ne fait pas de longues phrases et on ne s’écrit pas forcément un roman.

On s’attache particulièrement à la mère et on a envie qu’elle guérisse…

Claire est un personnage un peu moins attachant… Elle est un peu égoïste, voire même un peu ingrate par moments… Cependant, elle peut être aussi pleine de bonnes intentions… Elle souhaite par exemple organiser des repas, faire changer d’air à sa maman, elle l’aide beaucoup à la maison…

Le roman en lui même se lit vraiment bien… Je pense même que si je n’avais pas à me lever le lendemain je l’aurais lu d’une traite… Dès les premières pages, on a envie de connaitre la suite, de savoir comment toute cette histoire va se terminer.

 

En bref
C’est donc un très bon roman qui raconte une très belle histoire d’amour entre une mère et sa fille et je ne peux que vous le conseiller.

 

« Quand je te regarde, je vois la femme que je veux être, forte et courageuse, belle et libre

P.-S. Je t’aime »

Le livre de poche Jeunesse, 242 pages, 2011

Métamorphose en bord de ciel – Mathias Malzieu

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Après avoir lu la maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, offert par mon super collocataire, je me suis précipitée sur le dernier Mathias Malzieu disponible à la bibliothèque. Et de nouveau, ce livre est une pure résussite.

Tom Cloudman est le plus mauvais cascadeur du monde. Il connait d’ailleur la gloire par ses cascades manquées. Il Il est aussi un grand rêveur impressionné par la liberté et le vol des oiseaux. Lors d’une énième visite à l’hopital pour une fracture, le médecin lui décèle une maladie incurable que Tom appelle la « Betterave ». Il commence alors un très long séjour dans un triste hopital blanc, ce que le personnage ne le supporte pas. Lui, aimerait faire du vélo, pédaler, vivre. Lors de ses déambulations nocturnes, il rencontre le très jeune Victor atteint lui aussi d’un cancer, et se lie d’amitié avec le jeune garçon. Il également rencontre un soir en bord de ciel, une femmoiselle, mi femme mi oiseau,  qui lui propose le pacte suivant:

« Je peux vous transformer en oiseau, ce qui vous sauverait, mais cela ne sera pas sans conséquences. Pour déclencher votre métamorphose vous devrez faire l’amour avec moi. De cette union naîtra peut-être un enfant. Un risque à accepter. « 

Ce roman est une petite merveille tout comme le premier que j’avais lu de Mathias Malzieu. Je me suis très vite attachée aux personnages et on a très vite envie de connaitre la suite. Une fois entamé, il m’était difficilement possible de lâcher ce roman.

On s’attache à Tom et sa véritable envie de combattre la maladie, de vivre.

On s’attache aussi au petit Victor qui connait la maladie bien trop tôt.

On s’attache également à l’amour naissant entre lma femmoiselle et Tom.

Le roman entier est touchant, sans jamais tomber dans le pathos.

Plus d’une fois j’ai été touchée par l’écriture très poétique, pourtant les phrases sont, de manière générale, assez simples, mais tellement justes… Chaque mot semble être réfléchi, et aucun de semble être pris au hasard.

Tout comme maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, on peut penser que ce livre est un conte pour enfant, cependant, l’auteur nous offre de nouveau une belle réflexion sur l’amour, l’envie de vivre et la maladie, à tout âge.

Ce livre aborde sans pudeur le thème du cancer et nous dévoile des rêves impossibles.

En bref
On prend plaisir à lire ce roman et je dirai même, à lire cet auteur. Derrière des histoires, de premières apparence naïves, on rencontre de belles réflexions.

 

« Il n’y a que lorsque je vais à la rencontre de l’enfant-lune que je me débranche. Pour lui, je joue à l’illusionniste, j’invente des histoires qui nous font rêver »

 

Flammarion, 2011, 157 pages