Rouge argile – Virginie Ollagnier

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A la mort de son second père, Egon, Rosa, quarante deux ans, retourne dans la maison familiale au Maroc. Cette maison, elle l’avait quittée il y a vingt ans de cela, dans les années cinquante, pour y effectuer un beau et heureux mariage en métropole. Depuis, elle n’y venait que très rarement, pour des vacances.
Alors qu’elle doit faire le tri à Serjâa, (la demeure de ses parents) avant de la revendre, Rosa se replonge dans les souvenirs qui ont marqué sa vie, sur les relations qu’elle a entretenu avec ceux qui ont vécu ici : sa nourrice et conseillère, son premier père dont elle garde finalement assez peu de souvenirs, son second père avec qui elle aura entretenu une relation fusionnelle, sa mère, sa tante volubile…
Alors bien sûr, chaque pièce, chaque tiroir ouvert fera remonter en elle de profondes émotions.
Mais Serjâa lui révèlera également bien d’autres secrets qui vont très vite la remettre en question…

 

Rouge argile est ma seconde lecture faite dans le cadre de notre club lecture ayant pour thème les souvenirs d’enfance.
Avant de l’ouvrir, j’avais beaucoup d’attentes par rapport à ce livre : il dormait depuis un sacré moment sur ma PAL sans que j’ai trouvé le moment de le lire… Et puis surtout, l’histoire se passe au Maroc… Pays de mon cœur, pays de mes rêves.
L’ambiance de ce pays, je l’ai retrouvée à chacune des pages… L’auteure nous fait découvrir de manière olfactive, visuelle, sensorielle les paysages, les places de Fez. On retrouve la chaleur, la convivialité des marocains. On est très vite plongé dans cette ambiance, bien différente de la nôtre, on a l’impression merveilleuse de voyager, d’y être, de visionner chaque élément mentionné. Et pourtant, l’auteure a le don de n’utiliser aucun stéréotype, aucune image erronée de la réalité.
Les premières pages de ma lecture se sont tournées tout en douceur. On trouve quelques lenteurs, c’est vrai, mais je n’ai pas trop souffert de cela. J’ai même plutôt ressenti un besoin de temps pour m’imprégner, pour bien imaginer, visualiser ce que Virginie Ollagnier voulait nous transmettre. Par contre, la fin s’accélère. Le lecteur est pris dans un tourbillon de révélations concernant la famille de Rosa. Ces révélations feront prendre à Rosa un tout nouveau départ, une certaine émancipation.

En bref
Roman nostalgique, puissant ; l’histoire est belle, mais je crois qu’elle sera très vite oubliée. Par contre, mon moment de lecture, lui, restera agréable et plein de sensibilité.

 

 « Elle ne voulait pas attendre à l’extérieur de la gare, mais dedans, là où les retrouvailles et les séparations s’exprimaient le mieux. Le quai, agité par les attentes mêlées de ceux qui partaient et ceux qui patientaient, bruissait de murmures, de soupirs ou d’éclats de rire. C’était ça qu’elle était venue chercher, cette proximité. Elle pouvait se plonger dans les joies des autres, ou dans leurs tristesses, sans que cela lui appartienne. Le plaisir et la peine s’offraient à tous. Elle aura pu pleurer tout son saoul dans les bras d’inconnus venus à son secours. A Paris, elle avait pleuré seule. »

 

Editions Liana Lévi, 214 pages, 2011 

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