Le chat du rabbin Tome 1 la Bar-Mitsva – Joann Sfar

J’avais été assez intriguée par le chat du rabbin, le film, sorti au cinéma il y a environ un an. Cependant, je n’ai pas pris la peine de le voir pour plusieurs raisons, la principale étant que je n’avais pas encore lu la BD du même nom. C’est de cette manière que je regarde, le plus souvent, les adaptations : le livre en premier, et ensuite le film. Maintenant que la BD a été lue, je pourrais (peut-être) découvrir l’adaptation qui en a été faite…

 

A première vue, le chat du rabbin est un chat quelconque : il dort, mange, demande quelques caresses à ses maîtres, et part en vadrouille… Jusqu’au jour où l’envie lui prend de manger cet affreux perroquet que plus personne ne supporte au sein de la maison, à cause de ses discussions trop récurrentes. Ce jour-là, en dévorant son ennemi, le chat du rabbin se met à parler. Mais celui-ci ne parle que pour dire des mensonges ou des vérités blessantes. Son maître lui interdit donc de voir sa fille, Zlabya et de lui adresser la parole… Celle-ci est bien élevée, et ne sort que très peu. Elle ne doit donc pas être influencée par l’animal. Cependant, ce dernier est fou amoureux de sa maîtresse et semble prêt à tout pour elle. Il incite donc son maitre à le convertir au judaïsme, mais surtout, il souhaite faire sa Bar-Mitsva afin de pouvoir plaire à sa dulcinée…

 

J’ai apprécié cette lecture, mais je n’ai pas été transportée. Cette fois-ci, j’avais envie de quelque chose d’un peu plus léger, d’un peu plus frais, car la plupart des bandes dessinées que j’ai lue sont sombres et tristounettes. Au moins, j’ai été servie… C’est agréable, plutôt drôle, très coloré, et puis ce chat pose des questions au rabbin très intéressantes, voire même pertinentes. En effet, l’animal s’interroge sur certains cas du judaïsme, il critique aussi certaines absurdités de la religion, et son pauvre maître cherche à lui montrer que la religion n’est pas que mensonge. On retrouve également une légère critique de la société occidentale qui cherche à tout prouver. Bref, c’est un dialogue incessant, une discussion qui laisse le lecteur réfléchir, et se positionner par rapport à tel ou tel point de vue. Cependant, je ne pense pas que l’auteur cherche à critiquer telle ou telle religion. Je pense plutôt qu’il s’agit d’une manière de parler de religion de façon très légère, poétique et détournée, sur certaines questions qui nous concernent de plus ou moins loin. Enfin comme vous l’aurez compris, j’ai aimé cet aspect-là du récit car c’est une manière originale de parler de choses plus ou moins taboues… Cette forme-là m’a également permis d’en apprendre un peu plus sur le Judaïsme et ses pratiques, et en plus, c’est plein d’humour, et de poésie…
J’ai aimé aussi les planches de Joann Sfar pour ses couleurs chaudes (j’adore !), pour sa diversité, pour ses beaux costumes (oui bizarrement j’ai regardé les vêtements des personnages, et chapeau ! ils sont très réussis !) mais les dessins et les personnages ne m’ont pas transcendée ; ils m’ont même laissée de marbre. Je les ai trouvés un peu flous, vagues… Alors que j’aime les détails, la netteté, la précision des traits…
Cependant, j’ai trouvé cette lecture un peu molle, sans rebondissement. Disons que la fin arrive comme un cheveu sur la soupe, et ne donne pas vraiment une raison au lecteur de découvrir la suite… Vais-je continuer ? C’est une bonne question.

 

En bref
Un joli conte à prendre au troisième degré, qui nous en dit beaucoup sur la religion juive. Cependant, les dessins ainsi que cette histoire un peu plate m’ont déçue…

 

 

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BD-du-mercredi

Chez Mango

 

Editions Dargaud, 48 pages, 2003

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