Fahrenheit 451 – Ray Bradbury

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J’ai eu envie de me replonger dans LA lecture des mes années collèges… Le pauvre est d’ailleurs rempli de notes diverses, avec une écriture bien ronde, un peu enfantine, mon prénom marqué en vert pomme sur la toute première page du livre… Haaaa… Nostalgie de ces cours de français, puis plus tard de littérature… Enfin, c’est LA lecture avec un grand « L », car c’est ce livre qui m’a donné cette passion de lire, cette envie de posséder des livres… Bref, j’ai eu envie de relire ce livre qui m’avait tant marquée, travaillée, émue, ce livre qui nous a tant fait parlé, ce livre que j’ai réussi également à faire lire à mon colloc’ (non sans joie)…
Et puis, je me posais la question suivante depuis quelque temps: Qu’est ce qu’il a de si extraordinaire, ce livre?
Donc, me voilà en train de fouiller dans ma petite bibliothèque, un soir à 23 heures pour dénicher enfin LE livre…

Guy Montag est un pompier assez spécial… Il n’éteint pas les feux, mais les allume, et il brûle plus particulièrement les derniers livres qui subsistent encore, ainsi que les maisons dans lesquelles, ils se cachent… Il brule des livres car c’est son métier, mais il ne se demande pas pourquoi il le fait réellement.
Il vit avec sa femme, Mildred, qui passe sa vie avec sa « famille », devant des murs écrans; une sorte de télévision, diffusant en permanence des informations dictant la façon de penser des habitants.
Dans ce monde futuriste, on ne regarde plus la nature, on ne lit plus, on ne se promène pas, on n’observe pas le ciel, on ne discute pas vraiment avec d’autres personnes réelles…
Puis un jour, Guy Montag rencontre sa voisine, Clarisse, une jeune fille de 17 ans qui se dit folle, car elle, elle aime faire ces choses qui ne se font plus.Tous les deux entament alors des discussions Clarisse finit alors par demander au pompier s’il est vraiment heureux. Celui-ci rit de cette question et de la jeune fille, mais ce questionnement l’amène à se poser de réelles questions… Un jour, une vieille femme se suicide dans sa maison, avec ses livres, pour ne pas que les pompiers le fasse à sa place. Guy, reste envoûté par cet acte et décide de voler un livre. Il deviendra alors un dangereux cruminel, pourchassé par la société.

Du début du livre, on est emporté dans un monde bien trop sombre, sans livre, certes, mais aussi sans questionnement, sans relation, sans amour aussi… Car en effet, dans ce monde bien trop égoïste, on ne se préoccupe pas de l’autre. On n’aime pas ses enfants. On en fait pour prolonger l’espèce. On n’aime pas sa femme, non plus, on se contente de sa présence, et encore…

On se rend compte que la population entière n’est pas heureuse… Le suicide est d’ailleurs une chose courante, une chose qui se nettoie…

On voit apparaitre plusieurs problèmes de société. On voit par exemple que Bradbury nous décrit les médias de masse comme dangereux. On arrive également à voir certains thèmes apparaitre comme la spéctacularisation de l’information, notamment lorsque Montag est enfin capturé, afin de mettre les gens en haleine… Tous ces thèmes que l’ont voit de plus en plus apparaitre dans notre société actuelle.

Le monde décrit est très sombre, mais il nous fait prendre conscience d’une chose, c’est qu’il faut profiter de chaque instant.

L’écriture de Bradbury est poétique, remplie de belles métaphores comme je les aime… J’avoue que parfois ça peut être difficile à lire, mais il faut aller jusqu’au bout… Poser le livre et réfléchir…

Du début à la fin, on suit la dérive, mais aussi la fuite de Montag… On en arrive à être fier de ses actes, de son évolution. Suite à sa rencontre avec Clarisse, on se rend compte que le personnage est sans cesse perturbé par l’oubli. Il a oublié comment s’est passée sa rencontre avec sa femme, il a oublié ces petits bonheurs tout simples, il a oublié ces passages de livres appris par coeur… Il tend à se souvenir de tout, de chaque détails…

J’ai bien sûr été bouleversée par la fin du roman, qui dépeint une belle leçon d’humanité, et d’espoir. la fin du livre nous offre l’espoir d’un monde nouveau, d’un monde qui renait…J’ai été fascinée par cette société d’hommes vivant dans la forêt, qui résistent, qui se souviennent, et qui réfléchissent à tout… A une nouvelle société, à leur vie personnelle,… Grâce à ces hommes, le livre apparait comme un instrument de reliance sociale.

On retrouve également une très bonne préface qui fait correspondre 1894 de Orwell à Fahrenheit 451. Et il est vrai que dans ces deux livres ont retrouve un bon nombre de similitudes. Ces deux livres nous dépeignant une société où tout s’effondre, une société où tout nous est dicté par les médias, une société où les sentiments semblent être mis à part.

Enfin ce livre ne peut recevoir de ma part que des éloges… Je me dis aujourd’hui, alors que je viens tout juste de le terminer, que je comprends pourquoi ce livre m’a tant émue… Pourquoi ce livre constitue pour moi, LE livre, celui dont je ne pourrais jamais me séparer.

Les livres sont décrits comme ayant un tel pouvoir, qu’un monde sans livre, ne peut-être concevable, car la vie s’avère être bien trop triste sans. Car ceux ci permettent aussi uen réflexion. Parce qu’un livre est quelque chose qu’on peut poser si on n’est pas d’accord, ou si on a besoin d’un instant de réflexion… On se rend compte que ce livre offre une belle leçon d’optimisme qui me fait penser à un Carpe Diem si souvent entendu…

« Il sentit son sourire s’estomper, fondre, se racornir comme du vieux cuir, comme la cire d’une bougie monumentale qui a brûlée trop longtemps et en vient à s’effondrer, étouffant sa flamme. Nuit d’encre. Il n’était pas heureux. Il n’était pas heureux. Il se répétait ces mots. Ils résumaient parfaitement la situation. Il portait son bonheur comme un masque, la jeune fille avait filé sur la pelouse en l’emportant et il n’était pas question d’aller frapper à sa porte pour le lui réclamer. »

 

Folio SF, 213 pages, 2006

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