Inès et la joie – Almudena Grandes

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En 1944, alors que le Débarquement approche, Monzon et ses compagnons, membres du parti communiste, sont convaincus de pouvoir instaurer bientôt un gouvernement républicain à Viella, en Catalogne. Pas très loin de là vit Inès.
Restée seule à Madrid pendant la guerre civile, elle a épousé la cause républicaine, au grand dam de son frère, délégué provincial de la Phalange de Lerida, qui la tient à l’œil.
Inès écoute Radio Pyrénées en cachette et capte un jour l’annonce de l’Opération Reconquête. Pleine de courage, elle décide de rejoindre cette armée. Une vie aventureuse et un grand amour l’y attendent.

 

Vous l’avez peut-être remarqué, ce roman était dans la rubrique « en ce moment, je lis… » (sur la droite) depuis le milieu du mois d’août… Oui, j’aurai mis près d’un mois et demi à venir à bout de ce roman !
Déjà parce qu’il est dense : Almudena Grandes alterne entre fiction et réel. Les chapitres entre parenthèses représentent les moments réels, historiques du roman. Les autres chapitres nous racontent l’histoire d’Inès et des autres… Le tout en à peu près 1100 pages… 1100 pages riches, pointues. Car si le roman traite de la Seconde Guerre Mondiale, d’une manière générale, l’auteur nous propose également une réflexion sur le parti Communiste, sur la Phalange Espagnole, sur l’invasion du Val d’Aran … Des événements importants mais néanmoins méconnus de ma part. Ma lecture s’est donc agrémentée de recherches afin de mieux comprendre, de mieux cibler les propos de l’auteure. Et puis, avouons-le, le roman recèle d’immenses lenteurs, d’immenses descriptions qui n’amènent pas pour autant le lecteur sur des pistes de compréhension.
Bref, je vous rapporte ici un commentaire mitigé… Certains passages m’ont passionnée et notamment les pages de fiction. L’auteur nous raconte comment Inès a réussi à sortir des griffes de son frère pour s’investir dans le parti Communiste Espagnol, comment elle a réussi à se faire accepter des autres malgré son passé assez incertain. On a donc ici l’image de l’héroïne, la vraie ! Inès ne peut susciter, auprès des femmes, qu’admiration. Elle a ce côté combattant, déterminé, sûre d’elle, mais elle a aussi ce côté humain, fleur-bleue qui nous amène à aimer réellement ce personnage au grand cœur ! Ajoutons à cela que son histoire d’amour avec Galàn m’a fait chavirer parce que leur aventure est un combat mais la passion est belle et bien présente et ce, jusqu’à la fin du roman. Almudena Grandes nous offre une image du couple sublimé, proche, à la confiance inébranlable. Et ça fait du bien, c’est beau, c’est grand ! L’auteur nous offre également un regard sur ces espagnols exilés, loin de leur patrie, et sur la manière dont ils s’organisent dans leur pays d’accueil. La réflexion est intéressante et peut, au final, s’adapter à la situation générale des expatriés.
A côté de cet aspect-là, l’auteure nous offre des chapitres plus historiques, marqués sur des faits avérés. Et c’est ces chapitres-là qui m’ont réellement gênée. L’écriture change complètement, se fait beaucoup plus lente, beaucoup moins éparpillée. On perd un peu le côté narratif de l’histoire pour tomber dans un quasi-documentaire historique. Je me ainsi suis réellement ennuyée lors de ces passages, tant et si bien que j’ai décidé de les survoler, puis de ne plus du tout les lire !
Une lecture qui aurait pu être intéressante sous certains aspects, mais qui m’a cependant déçue par d’autres… Néanmoins, Inès et la joie reste un roman intéressant, ambitieux, fort, sentimental, culinaire et politique !

 

« Même si nous n’avions cessé de le tenter chaque seconde de toutes les heures que contiennent trente-six années, nous n’avons jamais pu renverser Franco. En revanche, à partir de ce jour, nous avons réussi à rester vivants, après avoir tué une partie de nous-mêmes. »

 

Le livre de poche, 1056 pages, 2013

Maus, l’intégrale – Art Spiegelman

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Vers la fin des années 70, Art Spiegelman entame l’écriture de l’histoire de son père, Vladeck sous la forme d’une BD. Ce dernier est Juif et a vécu, durant la Seconde Guerre Mondiale, la déportation, les camps, les humiliations, la déchéance. A travers un dialogue retraçant l’histoire de Vladeck de 1938 à 1945, le lecteur se retrouve également immergé dans la relation père-fils qu’entretiennent les deux protagonistes…

 

Pour la seconde fois, je partage avec grand plaisir une lecture commune avec Moka… Une lecture qui se révèle être un « classique » de l’univers de la BD, et qui pourtant, jusque-là ne me faisait pas tellement plus envie que ça… J’ai été très longtemps rebutée par ces dessins en noirs et blancs, où les humains sont représentés par des animaux… Et puis, grâce à Les ignorants de Davodeau et grâce aux conseils appuyés de mon cher et tendre, j’ai décidé de franchir le pas… Et quelle claque ! Quelle déception de ne pas l’avoir lu avant !
Récit intimiste et historique, Maus n’a cessé de me surprendre par la manière dont l’histoire est racontée. Le lecteur se retrouve à la fois confronté à la dureté de la guerre, aux ignominies faites aux Hommes, mais il est aussi confronté aux relations conflictuelles que sont celles de Vladeck et Art. En effet, les deux Hommes ne cessent de se chamailler pour un rien. Petit à petit, en progressant dans le récit, on comprend comment ils ont été poussés à cela quelle culpabilité les ronge.
On découvre également avec étonnement qu’aucun jugement n’est apporté de la part de Vladeck qui narre les faits comme ils sont, sans pour autant ne jamais rien cacher. La vérité est dite sans forme de détour. Le tout, forme un récit, qui semble d’une incroyable véracité mais aussi d’une incroyable violence. C’est d’ailleurs pourquoi cette BD a été commencée depuis plusieurs semaines… Il m’a été impossible de lire cet album d’une traite tant les propos, les faits m’ont choquée, outrée.
Lentement, j’ai également compris le choix d’utiliser des personnages animaux pour illustrer les propos de Vladeck. Avec cette proposition, les images deviennent moins choquantes, plus digestes… Et d’une certaine façon, j’ai trouvé les personnages plus attachants et plus touchants. Très vite, on s’émeut de la situation des deux Hommes, de leur histoire… Et on ne peut ressortir indemne de tout cela.
Alors bien sûr, si vous n’avez pas encore lu Maus, je ne peux que vous le conseiller pour sa véracité, pour cet incroyable choc et cette incroyable confrontation aux pires moments de l’histoire.

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Chez Mango

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Top BD de Yaneck : 19/20

Flammarion, 296 pages, 1998